l'auberge

ddmJamaica Inn, 1936
traduit de l'anglais par Léo Lack

Albin Michel, 1941
Le Livre de Poche, novembre 1975, 318 p.

lu par Mr

La mère de Mary Yellan vient de mourir. Ensemble, elles tenaient une exploitation agricole qui a perdu sa prospérité. La jeune orpheline quitte son village natal et se réfugie chez la soeur de sa mère, rencontrée lors de visites épisodiques. Hélas, c'est dans la sinistre et mystérieuse « Auberge de la Jamaïque » que Mary met les pieds. La tante de Mary n'est plus qu'une pauvre femme terrorisée par son mari, Joss Merlyn. Un nom qui fait frémir la plupart des habitants de la région ! Un face à face entre la jeune Mary et son oncle Joss s'installe, et l'issue pressentie semble fatale… Ce n'est que peu à peu que l'on découvre les terribles secrets de l'oncle Joss.

L'histoire en elle-même et l'intrigue semblent plutôt banales. Des secrets de familles et retournements de situations similaires à ceux de cet ouvrage sont en effet présents dans de nombreux romans policiers. Ce n'était probablement pas le cas en 1936, à la parution de ce livre. C'est surtout dans ses descriptions détaillées de l'ambiance sinistre de l'Auberge de la Jamaïque et des landes de Cornouailles qu'excelle Daphné du Maurier. Dans un style impeccable, elle exprime aussi parfaitement des pensées intimes de son personnage central, en particulier son angoisse et l'ambivalence de ses sentiments à l'égard de Jem Merlyn, jeune frère de l'oncle Joss.

Daphné du Maurier est surtout connue pour son roman Rebecca, adapté en 1940 au cinéma par Alfred Hitchcock (qui reçut pour ce film l'Oscar du meilleur réalisateur). En 1939, le célèbre réalisateur avait déjà adapté un roman de cette auteure : « La Taverne de la Jamaïque ».
Pour ma part, j'avais déjà pu apprécier les talents de Daphné du Maurier dans Mary Anne, biographie d'une de ses aïeules. Malgré les années, l'oeuvre de cette auteure reste étonnamment moderne.