le problème avec les femmesDargaud, 21 octobre 2016, 128 p.

Vous voyez cette femme dans une boule ? Vous entendez ses tap-tap contre la paroi ? Elle est enfermée dans la « sphère domestique » depuis des siècles et des siècles, amen (merci les religions et les sociétés sexistes).
Elle veut en sortir, s'il vous plaît, messieurs !
C'est l'opposée de l'homme de Vitruve (Vinci, 1490) qui se déploie dans un cercle, visage grave de penseur intello, muscles saillants ; l'équilibre incarné, quoi : une tête bien pleine dans un corps bien fait.

Dans ce petit album aux allures de vieux manuel de sciences illustré, Jacky Fleming évoque avec beaucoup d'humour les pensées machistes de quelques « grands hommes » (Freud, Picasso, Darwin, Schopenhauer, Maupassant...). On comprend 'enfin', grâce à des citations, des exemples et aux réflexions sarcastiques de l'auteur, comment les femmes ont pu être tenues si longtemps à l'écart des arts, des sciences, du sport - cerveau trop petit, p*tains de corsets et grandes robes (pour plaire à qui ?), fonctions reproductrices à ménager...

Jubilatoire à chaque page !

   ►  EXTRAITS

•  Autrefois, les femmes n'existaient pas et c'est pour cette raison qu'elles sont absentes des livres d'histoire.

•  Les femmes qui étudiaient les sciences couraient aussi le risque de se voir pousser une barbe. Comme le fit remarquer Emmanuel Kant, une femme qui se laisserait pousser la barbe "affaiblirait les charmes qui lui donnent un si grand pouvoir sur l'autre sexe".

•  [...] les corsets avaient ce côté malsain qui rendait les femmes plus jolies, même si leurs organes internes étaient légèrement comprimés. Alors que le vélo leur faisait des jambes d'homme et les rendait vilaines.
Avoir des jambes d'hommes pouvait provoquer un choc immense le soir de la nuit de noces et empêcher l'union d'être consommée.

•  Les femmes se sortent les unes les autres de la Poubelle de l'Histoire depuis plusieurs milliers d'années maintenant... Mais elles n'ont jamais été capables de dénicher le Picasso féminin, ce qui n'est pas plus mal compte tenu du taux de suicide chez ses muses.
Picasso disait que les femmes étaient faites pour souffrir, ce qui change de la broderie et des applaudissements.

agenda 4 nov.