l'échappéeLeslie's Journal, 2000 - texte revu en 2008
traduit de l'anglais (Canada) par Sidonie Van den Dries

Milan, 7 septembre 2016, 256 p.

♥♥

Elle n'est pas en forme, Leslie.
Ses parents viennent de se séparer, elle vit avec sa mère dans un petit appart' miteux. La maman en question n'est pas en forme, elle non plus, alors c'est une cible facile pour se défouler, et Leslie, avec l'arrogance impitoyable de ses quinze ans, ne s'en prive pas.
Au lycée, c'est pas terrible non plus, la meilleure copine élargit son cercle d'amies, et parmi les nouvelles élues, une peste en veut particulièrement à Leslie.
Aussi, quand un nouveau, super beau gosse, arrive dans l'établissement et commence à s'intéresser à Leslie, c'est une aubaine : enfin la jeune fille compte pour quelqu'un ! Enfin de l'amour dans ce monde pourri !

Avec un tel début, on peut s'attendre à une bluette pour ados, ça commence comme 'La Boum' : trop beau, ce Jason, j'y crois trop pas, il m'a regardée, il me kiffe, moi ! moi et pas les autres, en plus c'est un 'vieux' de 18 ans ! waoow ! il m'aime, il m'offre des cadeaux, il est jaloux, il me protège, etc. Mais alors, « pourquoi ne me suis-je jamais sentie aussi seule depuis que je suis tombée amoureuse de lui ? » Pourquoi suis-je aussi mal à l'aise ?
Le conte de fées se transforme en film d'horreur. ** Le Prince charmant est un loup, un prédateur, de ceux qu'on étiquette sans doute comme 'pervers narcissiques'. **

A lire ! Parce que ce roman dérangeant rend bien compte de la spirale insidieuse du harcèlement moral et des violences physiques.
A faire lire aux adolescent(e)s, pour montrer les dangers de « l'amour ». Certes, on espère que nos enfants n'en connaîtront jamais une telle version, qu'ils/elles ne tomberont pas entre les griffes de ce genre de dingue. Mais mieux vaut prévenir que guérir, même si ça ne sert pas à grand chose - on se croit toujours plus fort, plus malin que les victimes.
Jeunes gens, sachez qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné. Ça fait mal d'entendre ça, oui, et de s'en convaincre. A tout âge, d'ailleurs. Mais surtout à quinze ans, où l'on est avide de reconnaissance, de bisous, de câlins, de tendresse, et de sexe éventuellement, mais dans un processus d'évolution de la relation, pas comme ça, tout de suite, abruptement - là je pense plutôt aux filles, mais c'est bien que les garçons le sachent...
Autre message : même si vous vous pensez affranchi(e) des autres qui vous pourrissaient la vie avant (parents, profs, vieux amis décidément trop crétins/gamins/coincés...), vous pouvez trouver de l'aide auprès de gens à l'écoute quand tout vous échappe. Vos parents, aussi 'vieux cons' vous semblent-ils être, pourraient même être de ceux-là.

agenda 28 au 30 nov.

Merci à Babelio et aux éditions Milan.