une guerreBelin, Littérature & Revues, 11 octobre 2016, 850 p.

lu par Mr

En prologue, l'auteur explicite le titre et la thèse centrale de l'ouvrage : les militaires à l'origine du coup d'Etat du 18 juillet 1936 contre la Seconde République ont mis en oeuvre une stratégie d'extermination de leurs ennemis et supposés tels. Selon Preston, les meurtres commis par ce camp ont souvent été planifiés et institutionnalisés.

Le début du livre m'a beaucoup intéressé : il montre bien le contexte socio-politique qui a précédé le coup d'Etat et la guerre civile. Dans les années 1930, la société espagnole était très divisée, et les tensions étaient exacerbées par la grande pauvreté et par une nécessaire modernisation de la société et des mentalités. Avant le déclenchement de la guerre civile, l'antisémitisme était l'un des fondements idéologiques d'une grande partie de la droite espagnole, qui prônait des valeurs dites traditionnelles, notamment catholiques. Des échecs militaires dans des territoires coloniaux ont frustré des officiers qui sont revenus en Espagne avec l'expérience de la répression et des fantasmes de grandeur nationale.
Cet exposé sur le contexte d'avant guerre civile explique celle-ci d'une manière que je n'avais pas perçue lors des cours d'histoire et de langue espagnole suivis au lycée.

La suite de l'ouvrage décrit le conflit, listant des lieux d'affrontements et d'exactions, de manière très documentée (à ce qu'il m'a semblé) mais sans éléments d'explication nouveaux pour moi. Les historiens et spécialistes y trouveront certainement plus d'intérêt que moi qui ai parfois dû survoler des passages.

Mon avis sur ce livre est donc contrasté : malgré les qualités explicatives de ses premières pages, il me semble plutôt destiné à un public de spécialistes ou souhaitant le devenir.

•  Je remercie Babelio et les éditions Belin pour ce partenariat.