un bruitRue de Sèvres, 5 octobre 2016, 96 p.

William vit reclus depuis plus de vingt-cinq ans. C'est un choix de sa part, il a rejoint l'ordre des Chartreux à la fin de l'adolescence. Il y a fait voeu de solitude, de pauvreté, d'obéissance, de chasteté, de silence.
Sa tante, qui s'est opposée à cette décision, n'y a toujours vu que de la lâcheté, une manière de fuir la vie, le monde. Elle n'a pas compris qu'un jeune homme brillant puisse se fermer ainsi, si jeune, à un avenir prometteur, aux femmes...
Le lecteur l'apprend à la moitié de l'album, c'est un drame de l'enfance qui a poussé William dans cette voie : ** « La mort m'a fait si peur, ce jour-là, que j'ai voulu croire en un Dieu plus fort qu'elle. Et j'ai fini par choisir une vie proche de la mort... pour m'habituer. » **
Un événement familial va faire sortir Don Marcus/William de cet univers clos où lui est ses condisciples répètent « les mêmes gestes, jour après jour, année après année, comme si [leur] vie était préécrite par un Dieu sans imagination. »

Zep, je le connais depuis vingt ans, et j'aime beaucoup ses albums jeunesse, mais aussi son humour pour adultes (Découpé en tranches, What a wonderful World, Happy Sex, Happy Rock...). En revanche, ses BD qui se veulent sérieuses et émouvantes ne me touchent pas.
Comme dans Une histoire d'hommes, j'ai trouvé ici un fourre-tout de bons sentiments, une intrigue qui s'éparpille et, par-dessus tout, j'ai été agacée par ces propos 'sages' sur la vie, cette espèce de philosophie facile, pré-mâchée, à la Coelho. Si j'apprécie le silence, la solitude et le dénuement (relatif) vantés ici, je manque de patience et de tolérance envers ceux qui me proposent leur(s) Dieu(x)...

Au vu de sa productivité et des nouvelles thématiques qu'il exploite, je me dis que Zep se zidrouïse.

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