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Grasset, 24 août 2016, 224 p.

faye♥♥

Comme l'auteur, Gabriel est né en 1982 au Burundi, d'un père français et d'une mère rwandaise. C'est dans ce 'petit pays' qu'il a passé son enfance avec ses parents et sa jeune soeur. Il a douze ans lorsque la guerre civile vient bouleverser sa vie.

La première partie du roman décrit une jeunesse en Afrique plutôt privilégiée : aisance matérielle, liberté, copains, et insouciance malgré les tensions dans le couple parental.
Avec la guerre civile, ce cocon se délite : la mère aide ses proches restés au Rwanda, le danger se rapproche du quartier de Gabriel et de sa famille, jusqu'alors épargné.
Homo homini lupus, loi du Talion, massacres entre civils, répression militaire, et... inertie de l'Onu. Des enfants prennent les armes, certains parviennent à s'évader, via la lecture...

Un texte poignant et beau (malgré quelques longueurs), qui nous parle d'enfance, d'innocence, d'instabilité de certains pays africains où « la paix n'est qu'un court intervalle entre deux guerres » :
« On vivait sur l'axe du grand rift, à l'endroit même où l'Afrique se fracture. Les hommes de cette région étaient pareils à cette terre. Sous le calme apparent, derrière la façade des sourires et des grands discours d'optimisme, des forces souterraines, obscures, travaillaient en continu, fomentant des projets de violences et de destruction qui revenaient par périodes successives [...] ».

Et au centre de l'ouvrage, bien sûr : la guerre, ce chaos.
« Je n'avais pas d'explications sur la mort des uns et la haine des autres. La guerre, c'était peut-être ça, ne rien comprendre. [...] On apprivoisait l'idée de mourir à tout instant. La mort n'était plus une chose lointaine et abstraite. Elle avait le visage banal du quotidien. Vivre avec cette lucidité terminait de saccager la part d'enfance en soi. »
La guerre, dont on peut sortir vivant mais jamais indemne, parce qu'on a perdu ceux qu'on aimait, parce qu'on a vu des horreurs commises par des humains sur leurs semblables...

agenda 24 au 26 déc.

Le très joli billet de Titania.
Sandrine et Krol sont déçues. J'avoue l'être aussi, même si ça ne saute pas aux yeux dans ce billet, paraît-il...