la fille sur la photoFlammarion, 4 janvier 2017, 295 p.

♠♠♠ 

Les familles recomposées sur plusieurs générations, je n'ai rien contre (chez les autres). Mais quand on me raconte leur histoire, j'aime bien piger rapidement qui est l'ex de la mère du demi-frère, ou la belle-grand-mère du demi-neveu de qui.
Hélas ça part mal ici. Karine Reysset balance des dizaines de personnages dès les premières pages (et elle continue !), et faute d'arbre généalogique en début d'ouvrage, c'est coton pour s'y retrouver.
L'auteur en a peut-être eu conscience ? Son éditeur lui a-t-il demandé de mettre un peu d'ordre dans tout ça ? En faisant dire à sa narratrice : « Je passe du coq à l'âne, j'en ai le mal de mer. J'ai tellement gardé tout ça à l'intérieur, compressé », elle s'en sort par une belle pirouette - que j'appelle vite f*utage de gu3ule, quand je suis un peu énervée.

Voilà donc un récit confus et creux sur des thématiques dont Karine Reysset nous rebat les oreilles (tout comme l'auteur-réalisateur qui est/fut son compagnon, Olivier Adam) : Bretagne, falaises, suicide, mal-être, alcool, difficultés familiales, crise de l'adolescence, maternité, relations mère-fille.
Au milieu de tout ça, une trentenaire écrivain qui se regarde le nombril en geignant et faisant du surplace d'une côte bretonne à l'autre, via le sud de la France...
Dans la présentation de l'éditeur, c'est l'histoire de Garance, hospitalisée pour anorexie, qui m'avait attirée. Il est en fait très peu question de cette jeune fille.

Ne vous arrêtez pas à cet avis, ce roman plaira sûrement à ceux qui ne saturent pas sur les auto-fictions en général, et celles de cette auteur en particulier (j'ai retrouvé beaucoup - trop - de points communs avec A ta place, Les yeux au ciel, Comme une mère, Sors de ta chambre... et avec quelques textes d'Olivier Adam).

Le mot de la fin à la narratrice, à propos de sa soeur : ce roman est « un genre de masturbation intellectuelle, [... Betty] a l'impression que je me suis servie de notre famille. »
Mêmes sentiments !

Merci à Babelio et à Flammarion.

agenda 18 déc.

  L'avis de Sandrine, moins sévère.