Casterman, Sociorama, 3 février 2016, 168 p.

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J'ai assisté récemment à un débat passionnant entre le juriste Jacques le Goff et le sociologue Raphaël Liogier (animé par Joël Gaubert) : « L'avenir du travail - Aspects politique, juridique et moral. Où allons-nous ? D'un point de vue économique et social, mais aussi du point de vue anthropologique... »



Ce genre de rencontre stimulante donne envie de mieux découvrir les idées des intervenants via leurs ouvrages.
En sortant, un petit détour par les stands de livres en vente s'impose donc ! On feuillette, histoire de s'assurer qu'on arrivera à piger le propos de l'auteur au-delà de l'intro, et puis on trouve d'autres livres. Exemple : la collection de BD Sociorama qui « signe la rencontre entre BD et sociologie... pour des fictions ancrées dans les réalités du terrain ». Quelques titres étaient disponibles : Chantier interdit au public, Encaisser, Turbulences. Allez savoir pourquoi, j'ai choisi 'La fabrique pornographique' de Lisa Mandel - sans doute parce que j'aime le rose fluo ?

Enfin on reste dans la thématique 'travail', puisque oui, acteur/actrice de film porno, c'est un métier. J'en avais une image très négative à travers la poignée de films X entrevus, et les propos de Virginie Despentes dans Vernon Subutex - elle a bien connu le milieu.
Ce petit album présente les ficelles de l'embauche, le point de vue des 'travailleurs/travailleuses' et bien évidemment, le contenu du poste, les tâches à effectuer. Les auteurs (un sociologue et une illustratrice) présentant l'ensemble avec beaucoup d'humour, on se dit à la lecture que l'ambiance dans les équipes sont plutôt cool, les cadences pas si infernales que je l'imaginais, et le milieu pas si macho.
Première impression qui s'estompe quand on y repense. Au vu de quelques anecdotes sordides, on se dit que les femmes ont intérêt à avoir un caractère bien trempé, les hommes ayant tendance à profiter des situations et à oublier la frontière perso/pro, quitte à utiliser des arguments fallacieux.

Très bon album, à mettre à l'abri des jeunes regards curieux, quand même ; certaines scènes sont ultra explicites - moins que les films.
Je suis impatiente de poursuivre ma découverte de cette collection, avec des métiers et univers que je connais un peu mieux !

agenda 26 mars