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Cette soirée du grand débat de l'entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen commençait par un dilemme : le duel des finalistes de la présidentielle ou celui entre Monaco et la Juventus pour une place de finaliste de la Ligue des champions remporté finalement par les Italiens 2-0 ? (ou ni l'un ni l'autre, un autre genre de ni-ni que celui dont on discute beaucoup ces jours-ci).

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D'emblée, Marine Le Pen a dénoncé « le candidat de la brutalité » qui a, lui, souligné le manque de finesse de son adversaire. Marine Le Pen s'est largement appuyée sur un best-of des répliques des précédents débats (et une grosse pile de dossiers) pour faire passer son adversaire comme l'homme du passif du bilan du gouvernement sortant et l'ami des patrons. Emmanuel Macron, de son côté, a tenté de développer ses propositions sur l'économie et notamment le détail du financement de son budget. Les échanges très tendus qui ont marqué le début du débat ont semblé laisser muets les deux animateurs, Nathalie Saint-Cricq et Christophe Jakubyszyn, qui avaient pourtant promis de ne pas jouer les passe-plats.

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À l'inverse, au même moment, du côté des rubriques fact-checking, on songeait à embaucher. Beaucoup embaucher. Les Décodeurs du Monde ont comptabilisé au moins 19 intox du côté de Marine Le Pen et 8 pour Emmanuel Macron. La candidate Front national s'est notamment pris les pieds dans le tapis concernant la bonne santé de l'économie britannique depuis le Brexit, le montant de la contribution française à l'Union européenne, l'euro, la GPA ou l'expulsion des fichiers S du territoire. Quant à l'ancien ministre de l'Économie, il a notamment fait des approximations sur le niveau de lecture en CM2 ou les taux de chômage en Europe.

Fidèle à sa ligne habituelle de dénonciation du laxisme gouvernemental, Marine Le Pen a réclamé une sévérité maximale de la justice sur les affaires. Presque toutes les affaires. Emmanuel Macron n'a pas manqué de rappeler à plusieurs occasions les démêlées de sa rivale avec la justice, attaquant le Front national sur son manque de probité. Le candidat En Marche ! a, lui, appelé à une justice appliquée avec plus de séverité et notamment la mise en place d'amendes à payer directement pour toutes les incivilités du quotidien.


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Marine Le Pen a aussi prôné la fermeture des frontières, s'attirant le compliment suivant de son contradicteur : « C'est de la poudre de perlimpimpin. » Une expression qui a largement inspiré les internautes qui se sont largement plaints sur les réseaux sociaux de la pauvreté du débat. Emmanuel Macron n'a eu de cesse de renvoyer la candidate du Front national à ses « bêtises » et « mensonges ». Il a vilipendé le manque de réalisme et les contradictions de son projet tout en tâchant de ne pas se laisser emporter par les invectives de sa rivale à laquelle il reprochera son manque de dignité.

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La présidente du Front national n'a pas été en reste sur ce terrain, même si ses deux mots préférés étaient des plus classiques : « François Hollande ». Deux mots qu'elle répèta encore après la conclusion de Macron, ponctuant une étrange séquence malaise qui l'a vu ricaner et moquer de manière outrancière son adversaire [...]. Durant le débat, Marine Le Pen a surtout tapé sur la soumission supposée de Macron à Angela Merkel et aux terroristes islamistes, au risque de passer plus de temps à invectiver son rival qu'à défendre son propre projet. D'après les premiers retours de téléspectateurs, la stratégie avait échoué, une large majorité trouvant que le candidat En Marche ! s'en était le mieux tiré.

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© Slate pour tous les textes et graphiques ci-dessus

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soirée du 23 avril

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22h49 : le débat commenté par un journaliste anglais

Yo, for real, French debates aren't as nearly as fun without the angry leftist grandpa and the bored hot communist #2017LeDébat

traduction : Le journaliste britannique qui avait regardé le débat à onze candidats regrette l'absence ce soir du "grand-père gauchiste en colère" (Jean-Luc Mélenchon) et du "communiste sexy qui s'ennuie" (Philippe Poutou).
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merci Laurence pour cette info d'outre Manche (de pyjama) ! 😁