raceUnesco, 1952
clsFolio pour la présente édition, 127 p.

lu par Mr

♥♥

En 1952, l'Unesco a publié une série d'articles consacrés au racisme, dont Race et histoire fait partie.
Claude Lévi-Strauss écarte l'idée de supériorité intellectuelle d'une race humaine sur d'autres, cette absence de hiérarchisation ne pouvant scientifiquement "déjà" * pas se justifier.
Il montre aussi l'impossibilité de hiérarchiser les civilisations ou les cultures, excluant ainsi la réintroduction d'une forme de racisme indirect via la comparaison entre les groupes humains concernés. En effet, les critères mêmes d'un classement des cultures entre elles sont biaisés par l'ethnocentrisme qui caractérise nécessairement chaque individu ou chaque société (l'une des thématiques importantes du structuralisme en ethnologie tel que fondé par Lévi-Strauss).

L'auteur nous amène ici à nous interroger sur le sens de l'histoire des civilisations. Il apporte des éléments d'explication intéressants sur ce qui a permis à certaines sociétés de 'progresser' en technologie et en économie. Ainsi, la diversité culturelle et la capacité d'assimilation des différences sont des atouts.

En ce début du mois de mai 2017, un tel discours mérite d'être rappelé, contre les simplifications abusives avancées par une candidate à l'élection présidentielle qui prétend représenter le peuple en regardant le passé dans ce qu'il a de pire (mais pas pour elle, visiblement).

Malgré l'intérêt que j'y ai trouvé, la lecture de ce court essai (80 pages) a exigé de ma part un degré soutenu d'attention que je n'aurais probablement pas eu le courage de mobiliser pour un livre plus long.
Il est donc peu probable que je m'attaque un jour à T
ristes tropiques, autre ouvrage célèbre de cet auteur, que j'avais en partie découvert au lycée à travers des extraits (« Je hais les voyages et les explorateurs. Et voici que je m'apprête à raconter mes expéditions… »).

_________

* le mot "enfin" serait plus approprié, mais depuis 1952 les apports de la génétique ont confirmé l'unité du genre humain et le caractère secondaire des différences constatées, notamment dans les couleurs de peau