les carnetsLe Seuil, 11 février 2010, 190 p.

math♥♥

Pour s'installer chez son nouveau compagnon, Mathieu doit faire du ménage, se délester de tous ces 'papiers' encombrants.
Chiche, il va se défaire de ses journaux intimes, il en a des dizaines, puisqu'il a commencé à en écrire à l'âge de onze ans. Plutôt que les brûler tous afin que personne ne tombe dessus (le risque avec les poubelles de tri sélectif), il décide au contraire de les disperser un peu partout, d'en donner certains, quitte à ce qu'ils soient lus. Certains seront incorporés à des oeuvres (transformés en recette de cuisine, vêtement, parfum...). Certains iront à l'autre bout du monde. La 'disparition' de chacun répond à un scénario précis.
Mais avant de s'en défaire, Mathieu Simonet a relu ces carnets. Ils ont donc aussi servi de matériau à l'élaboration de cet ouvrage. Sans souci de chronologie, l'auteur en livre ici des fragments bruts, il les explicite parfois, revenant ainsi sur certains épisodes de sa vie et réfléchissant au travail d'écriture - qui n'est pas son 'métier', l'auteur est avocat de profession.

Même si l'ouvrage a des allures de patchwork, même si l'auteur s'y livre de façon très/trop personnelle, même si la démarche peut sembler nombriliste et prétentieuse, une trame intéressante à portée plus générale se dessine, notamment sur l'évolution des relations mère-fils. Et bien sûr, le fruit de ce travail de synthèse est passionnant, si l'on s'intéresse à l'écriture, pour soi ou pour les autres - et à la création artistique, de manière plus générale.
Il faut quand même aimer l'introspection pour apprécier pleinement ce texte, il me semble, et sans doute éprouver plus d'empathie pour le personnage que je n'ai réussi à le faire.

Une excellente idée, en fin d'ouvrage : quelques pages vierges invitent le lecteur à se lancer à écrire - je ne me sens pas prête.

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agenda210 & 11 mai - merci Laurence ! 🎁😊