schmL'Ecole des Loisirs, octobre 2002, 44 p.

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Claude Ponti a ses admirateurs.
Si vous cherchez une idée de cadeau pour un enfant, les snobinards des 'vraies' Librairies de Littérature jeunesse avec des grands L, ceux qui froncent le nez devant Tchoupi, vous colleront sûrement un de ses albums dans les mains.
Je connais peu l'oeuvre de cet auteur, refroidie à jamais par ce Schmélele, offert à mon fils lorsqu'il avait un peu plus de cinq ans. Parents et enfant l'avions lu une et une seule fois, alors qu'à cet âge, les petits veulent qu'on leur relise indéfiniment les histoires qu'ils aiment. Etions-nous même allés au bout de cette lecture ? Pas sûr.
A vingt ans et des poussières, le jeune homme a gardé de cet album un souvenir cauchemardesque.
Hop, un emprunt à la bibli car notre exemplaire doit être bien caché, et on l'a relu.

Debriefing mère-fils après redécouverte :
- Alors, ton avis, maintenant ? C'est aussi terrible que dans ton souvenir ?
- C'est pas pour les enfants, c'est tout !
Bim ! J'espérais un bel argumentaire, mais il ne se foule pas, pas le temps, il révise, période de partiels... Il m'a quand même précisé que les béances entre les bandes du passage piéton, c'était bien vu, que les enfants se faisaient réellement ce type de trip.

Pour moi, Schmélele est le genre d'ouvrage que les adultes peuvent trouver beau, poétique et que je déteste. Parce que je l'ai lu la première fois avec un regard d'enfant, ressentant le malaise que pouvaient générer ces dessins, ces couleurs, ces métaphores, cette histoire poisseuse, d'une tristesse infinie malgré la fin optimiste.
Cela m'évoque L'Écume des Jours de Boris Vian et Alice au Pays des Merveilles (la version originale de Lewis Carroll), que j'ai beaucoup aimés, mais parce que je les ai découverts en fin d'adolescence, pas à cinq ans.
De même que Le petit Prince (Saint-Exupéry), présenté par mon institutrice de grande Section, m'avait fait flipper (un boa qui mange un éléphant, un enfant debout sur une planète...), cet album de Claude Ponti me met vraiment mal à l'aise...
Epargnons les jeunes enfants, laissons-les grandir à leur rythme et lire des 'conneries' ; des bouquins bourrins et/ou roses à paillettes valent parfois mieux que des trucs 'intello' !

PS : la femme à barbe ascendant yéti s'insurge 'Pourquoi les monstres sont-ils poilus, en littérature jeunesse ?' 😒

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