biomimétisme

Editions Rue de l'Echiquier, Ecopoche, mai 2017

lu par Mr

♥♥♥♥

De cet ouvrage je n'avais d'abord décodé que le titre, omettant à tort de m'arrêter à son sous-titre. Ce dernier explicite pourtant le propos de manière importante. Je m'attendais donc à une sorte de catalogue d'inventions inspirées de la nature, de la forme d'ailes d'avions copiées sur celles d'oiseaux, au scratch imitant les crochets de fruits de bardane…

Le propos de l'ouvrage va bien au-delà, il est surtout prospectif et insiste sur l'efficacité des « créations » issues de l'évolution naturelle, notamment en matière de durabilité. Et pour cause : les processus de sélection naturelle tendent à éliminer, à plus ou moins long terme, tout ce qui ne répond pas à ce critère de pérennité. Ainsi, l'avenir des systèmes agricoles productivistes destructeurs du sol est nécessairement limité. Le « Dust Bowl » (dont les effets ont inspiré Steinbeck dans « Les raisins de la colère ») qui suivit « le Grand Labour » est en une illustration, même si là-bas, la leçon ne semble pas avoir été retenue par la plupart des représentants de l'agro-business.

Les thématiques abordées dans cet essai sont variées : production de nourriture, d'énergie, fabrication de matériaux, comment se soigner, et comment stocker nos connaissances. 
A chaque fois l'auteur présente des équipes de scientifiques qui travaillent sur le sujet, et leurs pistes de réflexion. Chaque recherche, aussi pointue soit-elle, est présentée dans un contexte général permettant d'en percevoir tout l'intérêt. L'interdisciplinarité est pratiquée par la plupart de ces chercheurs, indispensable compte tenu de leur grand degré de spécialisation.

A une époque où le concept de « développement durable » devient un objectif (du moins dans l'affichage politique, à défaut de décisions permettant d'y parvenir), ce livre est clairement dans l'air du temps. Je le qualifierais cependant de visionnaire tant il est tourné vers l'avenir et en raison de son approche holistique.

Cet ouvrage est particulièrement intéressant, mais il est dommage que certains passages y soient trop techniques pour le « grand public » auquel j'appartiens (les passages les plus ardus peuvent être survolés sans nuire à la compréhension du propos global).

 •  Merci à Babelio et aux éditions Ecopoche !