histoire de la violence

Editions du Seuil, 2016
Points, 3 janvier 2017, 227 p.

edlo

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Il a fait monter un bel inconnu chez lui et il n'aurait pas dû. Ça a mal fini et ça aurait pu être encore pire.
« Il savait ce qu'il voulait et ce qu'il voulait c'etait Reda chez lui. Dans son lit. » Oui mais Reda, il ne le connaissait pas, il venait de le rencontrer, par hasard, dans la rue. Et après quelques actes sexuels agréables le temps d'une soirée, l'autre est devenu dingue et violent, je ne sais plus trop pourquoi. Une histoire d'ipad et puis peut-être pour cette raison : « [Reda] désire et il déteste son désir. Maintenant il veut se justifier de ce qu'il a fait avec toi. Il veut te faire payer son désir. »

Edouard est traumatisé par l'agression (strangulation et viol) - normal. 
Il file aux urgences, raconte son histoire aux médecins, puis aux policiers, et à un couple d'amis. Il a aussi (presque) tout dit à sa soeur Clara, et elle, elle rapporte les faits à son mari, et Edouard entend ce récit, cette version un peu déformée.

J'avais trouvé bouleversant le premier ouvrage de l'auteur En finir avec Eddy Bellegueule. Cette deuxième auto-fiction y ressemble beaucoup, mais je n'ai ressenti aucune empathie pour le personnage d'Edouard, aucune émotion pour son drame.
A cause d'une espèce d'auto-apitoiement geignard ? Pourtant les récits de traumatismes sexuels me bouleversent, en général... 
A cause d'une narration bancale ? Que vient faire la parole de la soeur (aucunement crédible avec un mélange de vocabulaire soutenu et d'erreurs syntaxiques énormes) ?


Grosse déception pour cette lecture que j'attendais depuis que j'ai découvert En finir avec Eddy Bellegueule.
Comme Christine Angot, Edouard Louis va-t-il continuer dans ses écrits à ressasser ses traumatismes ? Je lui souhaite de mieux réussir l'exercice - comme Annie Ernaux, par exemple, dont j'ai quand même fini par me lasser... 

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