violences ayant

Buchet Chastel, 17 août 2017, 282 p.

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 lu par Canel

Besoin d'un petit coup de pouce pour entrer au couvent jusqu'à ce que mort s'ensuive ? Pour épouser une hypothétique Sainte-Trinité plutôt que de partager son quotidien avec un homme ou une femme en chair, en os... et en esprit tordu, forcément ? J'ai la soluce ! Lire 'Les failles' (Isabelle Sorente) et ce 'Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner'.

Dans ce roman polyphonique, l'auteur décortique les sentiments de quelques quinquagénaires sur le couple, l'amour, la famille, l'amitié, la mort et le deuil, sur les choix de vie professionnels et personnels. On entend également les voix de jeunes gens, déjà désabusés avant d'avoir reçu quelques coups sur le nez. Il faut dire que le spectacle du couple parental leur a donné un aperçu de ce qui les attend, même sans en connaître les 'petits secrets et grands mensonges'...

La forme et le fond de cet ouvrage m'ont rappelé les romans de Philippe Blondel. C'est plus grave, ici, plus fouillé. Etienne Deslaumes s'appesantit (trop ?) sur les pensées des protagonistes, décortique leurs bassesses, fouille jusqu'à l'os.
Ses réflexions sont passionnantes, dérangeantes, douloureuses. On y retrouve ses propres questionnements sur la vie une fois parvenu à mi-chemin, mais aussi ses inquiétudes sur l'avenir de ses enfants dans un monde où tout va si vite. C'est déjà super casse-gueule dans notre monde plan-plan...

J'ai beaucoup aimé cette lecture, que j'aurais qualifiée de 'coup de coeur' sans quelques longueurs et une fin un chouïa décevante (quid de l'enveloppe turquoise)...
Je ne sais pas si je dois m'effrayer de préférer les romans 'feel bad' aux 'feel good' ? Masochisme ou curiosité/lucidité ? Je vais quand même enchaîner sur quelques lectures plus light... 😉

agenda2

7 > 9 août

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 et par Mr

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A l'heure des obsèques d'Armande, décédée d'un accident de la circulation, ses proches nous font partager leurs sentiments, réflexions et interrogations. Certains sont d'autant plus troublés qu'ils soupçonnent un suicide. 
Comme le dit l'un des protagonistes, la mort d'une personne de notre entourage, quels que soit les sentiments éprouvés à son égard, nous rappelle que nous aussi sommes mortels. 
C'est aussi l'occasion de se remémorer des moments passés avec le défunt, bons ou mauvais, et de regretter de ne pas avoir fait certaines choses ou dit certains mots. 

Les personnages et leurs histoires sont vite et bien campés. Leurs préoccupations sont pour partie les nôtres, plus ou moins terre à terre. J'ai cependant rapidement décroché de ce roman choral, me lassant de voir présentées plusieurs fois les mêmes personnes. Les points de vue ont beau différer, j'ai ressenti une impression de répétition. Et le peu de sympathie que j'ai éprouvé pour les quinquagénaires au centre de l'intrigue n'a pas arrangé les choses. Christophe, l'ex-époux d'Armande, et son ami et associé en affaires Emilien, brillent par leur égoïsme et leur vanité. Leurs épouses Armande et Patricia, bien que parfois dégourdies, me sont apparues comme des potiches.

Malgré les thématiques intéressantes du roman (couple, vie professionnelle, relations aux autres…), je n'ai pas été suffisamment happé, ou eu assez de ténacité, pour aller au terme de cet ouvrage.

- Merci à Babelio et à Buchet Chastel

rl2017