romeo

Editions Zinedi, 15 juin 2017, 147 p.

roméo

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Les violences faites aux femmes et les maltraitances parentales sur enfants sont très médiatisées, a fortiori quand elles sont suivies d'un décès. 
On entend beaucoup moins parler des parents terrorisés par leurs enfants/adolescents. Parce qu'ils ont honte ? Parce que les autres, les familles Ricoré, estiment que, quelque part, 'ils le valent bien', ces adultes qui ont perdu toute autorité sur leur rejeton ?

Il faut avoir connu des cas parmi ses proches pour mesurer l'ampleur des dégâts sur ces parents : terreur face aux violences verbales et physiques, inquiétude (où est-il/elle, ce soir, cette nuit ? dans quel état ?), sentiment d'impuissance et de culpabilité (je suis nul(le) comme père/mère), honte, mutisme, dépression, repli sur soi, envies de meurtre/suicide, parcours du combattant pour trouver LE psy, LA structure d'accueil, accueil froid, goguenard et/ou hostile de ces spécialistes (qui trouvent le gamin adorable, alors c'est forcément les parents qui 'ont un problème'), difficulté de concilier vie professionnelle et horaires fantaisistes des rendez-vous donnés par ces structures (pour tester votre résistance ? pour mesurer l'amour que vous portez à votre enfant ? pour montrer leur pouvoir ? par pur plaisir de faire ch!er le monde ?)...

Pour prendre conscience de l'enfer vécu par ces parents martyrs, on peut aussi lire ce roman - inspiré de l'expérience personnelle de l'auteur, je crois - que d'aucuns pourront trouver exagéré, et qui ne l'est pas. 

Christine Sagnier manie bien l'ironie du désespoir, mais pour peu qu'on reconnaisse des témoignages de proches ou qu'on accepte de la croire sur parole, cet ouvrage terrible est surtout triste à hurler.

Qu'avons-nous fait pour en arriver là, dans notre société ? Car si l'enfant devient bourreau, on peut imaginer la souffrance qui le ronge lui-même...

• Merci à Babelio et aux éditions Zinedi.

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