pourquoi les riches

de Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon et Etienne Lécroart
La Ville Brûle, 18 septembre 2014, 64 p.

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Panique dans le 16e de ces trois auteurs (deux sociologues et un illustrateur) m'a bien plu. Ils y observent et analysent l'hostilité déclenchée chez les 'très-riches' du 16e par le projet d'installation d'un centre d'hébergement pour SDF à la lisière du Bois de Boulogne, en 2016. 
Ils expliquent sans excuser, évidemment, mettant en exergue la volonté des plus nantis de « protéger l'entre-soi indispensable au maintien de leur position de classe ».

Mêmes idées dans cet ouvrage, mais celui-ci, contrairement à l'autre, se destine aux enfants, ou jeunes ados, pour développer 'leur pensée critique' (sic). 
Est-ce la volonté de simplicité des auteurs qui rend le propos simpliste et réducteur ? Ils raisonnent à l'échelle de la France, par exemple, alors que la répartition des richesses (et donc l'existence d'inégalités) devrait être pensée à un niveau mondial, et que nous-mêmes, classes moyennes des pays occidentaux, vivons dans une relative opulence grâce à des mécanismes bien huilés qui reposent notamment sur l'exploitation d'individus d'autres pays. Cela, les auteurs l'occultent, et c'est fort dommage.
Il me semble plus important de montrer à nos jeunes que nous faisons partie des privilégiés ( faut quand même arrêter de se plaindre !), tout en leur montrant bien, en effet, que les pouvoirs en place entretiennent les inégalités et qu'il serait temps que ça change : 
« Pourquoi le président de la République ne fait-il rien contre les inégalités ? Les hommes et les femmes politiques qui nous gouvernent ne viennent presque jamais du monde des ouvriers et des employés. Ils sont tous issus de la classe dominante. Ils sont nés dans des milieux aisés, et même fortunés, ils ont fait les mêmes études dans les mêmes grandes écoles, et cumulent tous les avantages de la classe dominante. [...] Ils se fréquentent, dînent ensemble, se marient ensemble, participent aux mêmes soirées mondaine et vivent de la même façon, dans les mêmes quartiers...
C'est donc sans surprise qu'ils élaborent des lois qui sont favorables à leur classe et au seul monde qu'ils connaissent, celui des riches. »
Le problème, c'est qu'une fois arrivés 'en haut', peu restent intègres (c'est humain, la soif de richesse et de pouvoir), alors le changement, c'est pas vraiment pour maintenant...

Un ouvrage utile, certes, mais qui mérite des compléments...

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4 oct.