les bas-fonds

L'Arche, Scène ouverte, 13 juin 1997, 120 p.

gorki♥♥♥♥

« Une cave qui ressemble à une grotte », dont la location ne laisse à ses miséreux pensionnaires que quelques kopeks pour boire, jouer aux cartes, manger un peu...
Maxime Gorki rassemble dans cette pièce une dizaine de laissés pour compte. Louka, un vieux 'pélerin' se joint bientôt à eux, sa parole est sage et bienveillante, il sait apaiser les âmes tourmentées - cette jeune femme qui se meurt, cette autre qui crève de solitude, d'ennui et rêve d'amour, cet ancien acteur dont 'l'organisme est complètement empoisonné par l'alcool'.
Grâce à Louka notamment, ou au gré de querelles entre ivrognes et amants qui se déchirent, chacun dévoile peu à peu ses aspirations, ses désillusions, et la trajectoire qui l'a mené dans ces 'bas-fonds'.

Ecrite en 1902, cette pièce est particulièrement d'actualité, évoquant les réfugiés, les SDF, la précarisation. Maxime Gorki y soulève des questions politiques, sociologiques et philosophiques passionnantes sur les inégalités, la pauvreté et la place dans la société des plus démunis, l'honnêteté, le travail, la façon dont le regard des autres nous façonne... 
Avec en toile de (bas) fond(s), malgré les messages d'espoir, la vision de l'auteur sur la vie et l'amour, aussi froide et sombre qu'un hiver en Sibérie...

J'ai lu cette pièce quelques jours après avoir vu au théâtre l'adaptation d'Eric Lacascade. J'avais hâte de retrouver certaines répliques de génie, pour prendre le temps de m'y arrêter. J'aurais dû attendre d'avoir un peu oublié cette mise en scène 'barbare et folle', comme le dit fort à propos Télérama. Trop barbare, trop folle pour moi, je crois - la misère et les souffrances évoquées dans le texte sont suffisamment éloquentes, j'aurais préféré un habillage plus sobre...
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agenda2

11 > 14 oct.

- entretien avec Eric Lacascade -

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