la disparition

Grasset, 16 août 2017, 240 p.

lu par Mr

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Josef Mengele, surnommé « l'Ange de la mort », est né en 1911 en Bavière. Docteur en anthropologie et en médecine, il rejoint le parti nazi en 1937, puis la SS l'année suivante. Pendant la guerre, il est envoyé comme médecin sur le Front de l'Est. Il revient à l'arrière après une blessure. 

En 1943, il demande son transfert dans le département chargé des camps de concentration. Il est nommé médecin chef à Auschwitz-Birkenau, qui associait un camp de concentration et un camp d'extermination. Une partie de son activité consiste à orienter les déportés vers l'un ou l'autre de ces camps. 
Là, à partir du « matériel » humain à sa disposition, il mène des recherches génétiques, en particulier sur le nanisme et la gémellité. Sa perversité y trouve aussi un terrain favorable (il « travaille » en sifflant !)...

En janvier 1945, Mengele s'enfuit avant l'arrivée de l'Armée rouge, puis il rejoint l'Argentine. Il est recherché comme criminel de guerre par diverses autorités, sa trace est ponctuellement retrouvée, puis il disparaît quelque temps des radars du Mossad.

Comme l'annonce le titre, ce livre raconte l'histoire de sa disparition. Le sens du mot est suffisamment ambigu pour que j'évite d'en dire davantage sur sa biographie… D'ailleurs l'ouvrage ne se limite pas à la vie de Mengele, il situe aussi très bien le contexte politique de certains pays d'Amérique du sud de l'après seconde guerre mondiale.

Bien que qualifié de roman, cet ouvrage très documenté repose sur des faits réels : un « roman-vrai » comme l'indique à juste titre la 4e de couverture (à ne pas lire si l'on veut découvrir au rythme proposé par l'auteur ce qu'est devenu Mengele après 1945).

La dernière phrase du livre m'apparaît particulièrement à propos, et invite à méditer : « Méfiance, l'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes. »

Un ouvrage très intéressant sur un sujet grave.

• Merci à Babelio et aux éditions Grasset.

L'avis de Canel.

- avis de Stéphane Bou paru dans Le Canard enchaîné du 18/10/2017 -

article JB