cinérama

Fluide Glacial, 8 janvier 2014, 52 p.

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L'auteur épingle quelques nanars étrangers et français qu'il a vus au cinéma dans sa jeunesse. Il établit des parallèles entre certains films des années 80 et le contexte socio-économique et politique d'alors - la comparaison entre le premier septennat de Mitterrand et 'Paroles et Musique' (Elie Chouraqui, 1985) est particulièrement amusante. Il évoque aussi ses premiers émois de petit garçon devant des scènes et ambiances 'pour adultes' pas forcément censurées par ses parents (les mêmes parents que ceux du réalisateur Alain Berbérian puisque Charles et Alain sont frères)...

Visiblement, le film 'Retour vers le futur' a marqué Berbérian : on retrouve ici des thématiques de l'album Tombé du ciel avec des confrontations entre la version jeune de l'auteur et l'homme mûr qu'il est devenu. Pas de scénario ici, plutôt un catalogue. C'est drôle, mais un peu trop léger, trop factuel, malgré des réflexions sur le 7e art, notamment sur le pouvoir des fictions ciné/TV sur nos vies.

Quelques mises en abyme rigolotes nous rappellent à quel point les écrans peuvent nous engloutir : 

« Il y a quelques décennies, ma mère était restée coincée un bon moment dans 'Dallas', un feuilleton à intrigues mêlant familles richissimes, blondes peroxydées, brunes névrosées et hommes vicieux. Dallas, un univers pitoyable.
Je décidai un jour d'aller le tirer de là.
[L'auteur se présente chez les Ewing, Jock et Ellie ouvrent la porte]
- Bonjour, jeune homme, que nous vaut votre visite ?
- Madame, Monsieur, je viens chercher ma mère.
- Pardon ? Votre mère ?
- Euh... heum... Oui, oui, je viens chercher ma mère. Elle est quelque part chez vous. Euh, il faut absolument qu'elle revienne à la vraie vie. »

Distrayant mais pas marquant, et moins punchy que Tombé du ciel.

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agenda2

14 nov. - emprunt mdtk

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- Pour moi, tout ça, en fait, raconte l'histoire de la gauche au pouvoir pendant la première moitié des années 80. Il faut savoir qu'à la sortie du film, en 1985, Catherine Deneuve va servir de modèle au buste de Marianne, qui va aller décorer toutes les mairies de France.
- Tu veux dire que dans ton film, Deneuve incarne la République qui vit une histoire d'amour avec le peuple ?
- Yes ! Tout se passe bien au début, et puis au bout d'un moment, c'est la merde... Tu vas voir, tout correspond ! En 1982, le nouveau ministre de la culture de gauche crée la fête de la musique. L'Etat soutient les artistes et les musiciens, tout comme Margaux aide Jeremy et Michel. Michel et Jeremy forment un couple, le nouveau ministre de la Justice décrète que l'homosexualité n'est plus un délit. En 1986, la droite revient au pouvoir, la France reprend le chemin d'une économie libérale, capitaliste. C'est ce qu'annonce la fin du film. [...]
(p. 21)