je sais pas

Belfond, 2016
Pocket, 9 novembre 2017, 432 p.

abel

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Après quelques années de mariage, dans l'ennui de sa vie sclérosante de maman, Camille succombe à « l'attrait de la nouveauté et l'ivresse de l'interdit ». Elle a un amant. Ah, le délicieux frisson que voilà ! Autant pour le plaisir des sens des débuts que pour le côté clandestin de l'aventure. Quelques heures dérobées par-ci par-là au quotidien morne, des petits sms en douce - belle lurette que son mari ne l'émoustille plus comme ça !
L'enthousiasme s'essouffle un peu après quelques semaines, les choses deviennent plus compliquées et virent même au cauchemar lorsqu'Emma doit retomber brutalement dans des préoccupations de mère...

Que de non-dits délétères dans cette histoire, comme dans la vraie vie, entre proches, entre gens qui s'aiment ! 
Et des enfants qui doivent se taire, ne pas répéter, ne pas demander d'explications. Pas étonnant qu'ils vous renvoient un « Je sais pas » buté quand vous leur posez des questions. Comment faire le tri entre ce qui se dit ou pas ? Entre les petits secrets et les grands mensonges ? Quel bazar dans les histoires d'adultes ! Et puis on semble avoir du pouvoir - denrée rare, à cinq ans ! - quand on détient un secret...

Karine Giebel nous choque souvent jusqu'à l'écoeurement pour évoquer les relations de pouvoir entre individus (domination, masochisme, sadisme, vengeance). Barbara Abel, elle, nous montre à la loupe les relations familiales, les ambivalences des sentiments dans le couple et entre parents et enfants.

Bien vu et terrifiant, à peine caricaturé, sauf quelques rebondissements de fin où on a envie de dire 'stop, pitié'. Mais c'est ce qu'on attend d'un thriller - surprise, frisson, dégoût... Ça permet de se mettre à distance de ce qui arrive à ces gens apparemment ordinaires, comme vous et moi...

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3 > 5 déc.