le disparu

Der Vorlorene, 1998
huttraduit de l'allemand par Jean-Louis de Rambures
Hachette Littératures, 1999
Folio, 10 mai 2007, 160 p.

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Cette famille de calvinistes d'Europe de l'Est a connu un drame qui a bouleversé son existence.
Avant : une ferme prospère en Pologne.
Le drame : l'exode face à l'avancée des armées russes en 1945.
Après : une nouvelle vie dans l'est de la Westphalie, sans Arnold, le petit garçon perdu au cours de cette fuite.

Le deuxième fils est né "après", il a toujours connu une mère dévastée par le chagrin, un père travailleur et autoritaire, un foyer austère où l'absent occupait tout l'espace - un espace plombé par « la honte et la culpabilité » (sic). 
Ce n'est qu'à treize ans que le cadet apprend qu'Arnold, ce 'grand frère' dont il ne connaît qu'une photo de bébé souriant, n'est pas mort de faim durant l'exil, comme on le lui a toujours dit, mais qu'on l'a « perdu ». L'espoir de le retrouver reste donc permis - les parents y croient, la Croix-Rouge s'emploie à rassembler des familles éparpillées...

La lecture de cet ouvrage en partie autobiographique s'imposait après avoir entendu l'auteur dans un salon. Les extraits lus, les explications données par Hans-Ulrich Treichel, le drame de sa vie (peut-être pire encore que celui du livre, puisque ses parents ne lui ont jamais dit qu'ils recherchaient le 'disparu') ont fortement ému l'assemblée.

Lorsqu'un enfant s'inscrit 'en creux' dans une famille (disparition, décès) ou lorsqu'il exige beaucoup d'attention (maladie grave, handicap lourd), les autres membres de la fratrie peuvent devenir des 'enfants perdus'. Leurs parents semblent n'exister que pour celui qui manque/souffre, déployant des trésors d'énergie pour lui, au détriment des autres, qui sont délaissés, mal-aimés, peuvent même se sentir en trop, coupables d'exister, eux, sans jamais être à la hauteur de l'enfant idéalisé...

Je n'ai pas été émue à la lecture, en revanche, peut-être parce que la narration est lourde, répétitive - à l'image, cela dit, de la façon dont raisonne un enfant de treize ans, enchaînant les idées pour y trouver une logique.

Malgré l'humour teinté d'auto-dérision de l'auteur (un humour triste, quand même), malgré la gravité et l'intérêt du sujet, malgré la brièveté de l'ouvrage, je me suis ennuyée. On tourne en rond dans les idées du jeune garçon, on s'englue dans l'absurdité kafkaïenne des formalités que les proches doivent accomplir pour prouver qu'ils sont bien apparentés à l'enfant numéro 2037 qui pourrait fort bien être le 'disparu', oui, mais...

Déception...

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agenda2

 6 > 10 déc.

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•  L’expulsion des Allemands d'Europe de l'Est est le transfert des populations allemandes (dites Volksdeutsche) vers l'Allemagne et l'Autriche actuelles. Ce mouvement de population commença au début de la seconde Guerre mondiale dans le cadre du pacte germano-soviétique, mais s'amplifia surtout à sa fin. Les déplacements de populations à la fin de la guerre se répartissent en trois vagues qui se sont partiellement chevauchées. La première correspond à la fuite spontanée ou à l'évacuation plus ou moins organisée des populations effrayées par l'avancée de l'Armée rouge de la mi-1944 au début 1945. La seconde phase correspond à des expulsions locales, immédiatement après la défaite de la Wehrmacht. Des expulsions plus systématiques ont eu lieu après les accords de Potsdam signés le 2 août 1945 par Joseph Staline, Clement Attlee et Harry S. Truman pour éviter toute revendication territoriale future de l'Allemagne sur ses voisins orientaux.

Les expulsions eurent principalement lieu dans l'actuelle Pologne (PoméraniePrusse, 7 millions de personnes) et en Tchécoslovaquie (SilésieSudètes, 3 millions de personnes) mais touchèrent la plupart des pays d'Europe centrale et orientale. Ces déplacements touchèrent entre 12 et 16 millions de personnes. Ce fut l'un des grands transferts de populations de l'histoire contemporaine et le plus important parmi ceux qui eurent lieu à la fin de la guerre. Au moins 500 000 civils sont morts lors de ces transferts des suites de mauvais traitements, de maladies et de privations. [...]

•  Conditions des expulsés dans l'Allemagne d'après-guerre.
Ceux qui arrivaient étaient en mauvais état, particulièrement durant le dur hiver 1945-1946 lorsque les trains transportaient les « morts et les mourants dans chaque wagon (d'autres morts avaient été jetés du train le long du trajet) ». Après avoir subi les atrocités de l'Armée rouge, les expulsés durent subir les représailles des populations locales de Pologne, de Tchécoslovaquie et de Yougoslavie. Les lynchages, les viols et les meurtres accompagnaient souvent les expulsions. Des Allemands furent massacrés comme à Ústí ou enfermés dans des camps particulièrement rudes. En plus de ces atrocités, les expulsés souffraient de la faim, de la soif, de maladies, de la séparation de leurs proches, de la perte de leurs droits et parfois de travaux forcés. Les traumatismes psychiques étaient nombreux et en particulier chez les enfants.

Une fois arrivés, ils découvraient un pays ravagé par la guerre. Le manque de logements dura jusque dans les années 1960, ce qui associé aux autres pénuries mena à des conflits avec les populations locales. La situation s'améliora seulement avec le Wirtschaftswunder dans les années 1950 qui ramena le taux de chômage à moins de 1 %. [...]

•  Héritage des expulsions.
Avec au moins 12 millions d'Allemands directement touchés voire 14 millions ou plus, il s'agit du plus grand mouvement ou transfert d'une unique population de l'époque contemporaine, et le plus grand parmi les transferts de populations qui suivirent la fin de la guerre (qui touchèrent plus de 20 millions de personnes au total). Le nombre exact d'Allemands expulsés après la guerre est encore inconnu, de même que le nombre de morts dues à ces expulsions. Les recensements vers 1950, après la fin des expulsions massives, rapportent qu'environ 2,6 millions d'Allemands vivaient encore en Europe de l'Est, soit 12 % de la population d'avant-guerre. Les expulsions sont communément qualifiées de transferts de population, ou de nettoyage ethnique. Selon Rudolph Joseph Rummel, il s'agit de « démocide », et certains vont jusqu'à parler de génocide. L'impact psychologique et social fut tellement immense que même aujourd'hui, les expulsions sont entrées dans le vocabulaire allemand simplement comme « la Fuite » ou « l'Expulsion » sans avoir besoin d'autres précisions, tout comme la référence à la Seconde Guerre mondiale est simplement « la Guerre ». Le fait que les organisations d'extrême-droite furent quasiment les seules à se rallier publiquement à la cause des expulsés dans les années 1950 en Allemagne de l'Ouest a fait de ce sujet un thème tabou. Toute personne soulignant les injustices vécues par les expulsés était taxée de révisionniste ou d'ultra-nationaliste.
Les expulsions provoquèrent des bouleversements sociaux dans les zones d'accueil qui durent fournir un logement et un emploi à ces réfugiés. L'Allemagne de l'Ouest mit en place un ministère consacré à ce problème et de nombreuses lois furent votées pour fournir un cadre légal. Les expulsés créèrent de nombreuses organisations dont certaines demandaient des compensations. Leurs demandes, parfois controversées, furent intégrées au débat public. La dislocation de l'Union soviétique et la réunification allemande ouvrirent la voie à une réévaluation des expulsions à la fois dans les milieux intellectuels et politiques. Un facteur déterminant dans le caractère permanent de la question est la forte proportion de citoyens allemands expulsés et descendants d'expulsés qui se monte à 20 % en 2000. [...]

Source : Wikipedia.