... mais ils n'ont pas droit à un hébergement décent...
Et seraient expulsables en cette période hivernale ?

Les médias locaux sont très discrets sur la question.
Un petit article dans 20 minutes,
et celui-ci (pas très à jour, en date du 06/12) dans Libé (Guillaume Frouin) :

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La façade du château du Tertre, mercredi à Nantes. (photo : Alban Lecuyer pour Libération)

Depuis le 26 novembre, plusieurs dizaines de mineurs isolés étrangers et leurs soutiens occupent deux bâtiments universitaires, où ils dorment et suivent des cours.

« A nous la vie de château ». La banderole traverse la façade du château du Tertre, où l’université de Nantes (Loire-Atlantique) accueille en temps normal des salles de cours et quelques services administratifs. 

Des centaines de personnes hier soir [05/12], au Château du Tertre, sur le campus nantais, pour un gros concert de soutien à l'occupation. Avec ou sans papiers, avec ou sans argent, toutes et tous ont pu prendre part à la fête. Un grand moment ! pic.twitter.com/UFIWzOy64x

Fermé récemment pour de « lourds travaux » d’un an, qui devaient débuter le 5 décembre, ce joli petit manoir a été réinvesti le 26 novembre par plusieurs dizaines de « mineurs isolés étrangers » et leurs soutiens. Mais leur banderole pourrait ne pas rester longtemps en place : vendredi, le président de l’université, Olivier Laboux, a exigé la « libération immédiate » des lieux. « Je souhaite qu’elle se fasse le plus tard possible, voire qu’elle ne se fasse pas, a-t-il précisé. Mais ce bâtiment est dangereux : il y a des fils électriques qui pendent. » Olivier Laboux a indiqué, au passage, qu’il avait sollicité mercredi le tribunal administratif pour obtenir si besoin le concours des forces de l’ordre : l’autorisation est finalement tombée ce mardi.

D’autres « dangers » planent depuis peu sur ses occupants : dans la nuit de lundi à mardi, « une bande d’une dizaine de fascistes » a « surgi par surprise » dans le bâtiment, rapporte Nantes Révoltée, la page Facebook de l’ultra-gauche nantaise. « Ils ont gazé immédiatement » les migrants et leurs soutiens, avant de « distribuer des coups de matraques téléscopique en hurlant des insultes »« Une simple mise en bouche de ce qui les attend s’ils continuent sur le chemin de la collaboration [en faveur de « l’invasion migratoire », ndlr] », a revendiqué un dénommé Front anti-collabos (FAC), dans un « communiqué » repris par le « média d’information alternative » d’extrême-droite breizh-info.com.

En attendant, le président de l’université de Nantes entend jouer « un rôle de médiateur » entre le collectif et les pouvoirs publics. « Quarante chambres » en cité universitaire vont donc être réservées « prioritairement aux migrants étudiants » à partir du 1er février 2018, quand les étudiants étrangers venus pour un semestre en France auront regagné leurs pays. Olivier Laboux a donc invité vendredi les migrants à s’inscrire à l’université : la présidence prendra à sa charge leurs frais d’inscription et leurs frais de restauration seront assumés par le CROUS. Surtout, l’université de Nantes va continuer de « tolérer » l’occupation du rez-de-jardin de la Censive, un autre de ses bâtiments, situé sur le même campus : depuis le 15 novembre, une dizaine de salles de cours ont été réquisitionnées par le collectif pour héberger, nourrir et instruire les mineurs isolés étrangers.

■  Education civique

Sur place, une salle y fait office de « garde-manger », avec ses aliments de récup et ses fruits et légumes frais donnés par des « paysans en lutte ». Une autre sert de « free shop » : les migrants peuvent s’y servir librement en vêtements d’occasion. Dans une troisième, leur emploi du temps est affiché au tableau : français, informatique ou encore « éducation civique ». Les cours sont donnés par des étudiants de l’université, pour le moment.

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Diaby, 19 ans, originaire de Guinée-Conakry, cherche des vêtements dans le «free shop»
où le collectif entrepose les dons apportés par des particuliers. (photo : Alban Lecuyer pour Libération)

Jeudi matin, six migrants assistaient ainsi au cours d’anglais. Souleymane écoute attentivement : ce jeune Ivoirien ambitionne de devenir « joueur de football professionnel ». Bien qu’il dise avoir 16 ans, il n’a pas été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) : l’association qui a évalué son âge, pour le compte des services sociaux du département, a conclu qu’il était majeur… En attendant que son recours soit examiné, d’ici six à dix-huit mois, Souleymane potasse donc ses cours. Mais, comme tout étudiant, il a le droit de se délasser. Un canapé et des fauteuils en bois, réalisés par des étudiants, sont ainsi entreposés dans le hall du bâtiment, avec des djembés et un baby-foot. « Au début, ils étaient plutôt timides, mais depuis qu’on a fait des soirées ensemble, le courant passe bien », observe une étudiante, qui tient à rester anonyme. « On cherche à leur proposer des activités : sans ça, ils n’ont rien à faire en attendant l’examen de leur recours. En clair, ils tournent en rond et pètent un plomb. » L’apprentissage se fait même dans les deux sens. « Nous, on apprend à gérer un lieu collectivement et à vivre ensemble », sourit la jeune fille.

■  Ecole hors les murs

Cette « éducation populaire » des mineurs isolés étrangers n’est pas nouvelle à Nantes. Depuis trois ans, l’Association jeunesse scolarisation (AJS) les place dans des collèges et lycées privés, puisqu’ils ne sont pas acceptés dans les établissements publics : les frais d’inscription, réglés annuellement, sont mis à la charge du département une fois que leur minorité a été reconnue par le juge des enfants. Dans le cas contraire, des collectes en ligne de dons, des soirées de soutien et des partenariats avec des mécènes privés permettent de régler la note. Cinquante-cinq jeunes sont ainsi inscrits cette année dans une vingtaine d’établissements. D’autres font l’objet d’une remise à niveau, en vue d’intégrer ultérieurement le programme, par le biais de son école Hors les murs (HLM) : une cinquantaine de bénévoles (étudiants, syndicalistes…) leur donnent des cours dans différents lieux de la ville.

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Adèle et Roger, étudiants de troisième année en sciences de l’éducation, improvisent un cours de français.
(photo : Alban Lecuyer pour Libération)

Le flot ne se tarit pas, loin s’en faut : il y aurait 300 jeunes mineurs isolés étrangers à Nantes, dont une soixantaine à la rue. La plupart viennent d’Afrique de l’Ouest, et ont perdu leurs parents dans l’épidémie du virus Ebola. Problème : l’association choisie par le département pour évaluer leurs âges « éprouve de grandes difficultés à suivre le rythme », déplore Julien, un responsable d’AJS. Selon lui, cette structure mène en outre « une politique de suspicion systématique » sur la minorité des demandeurs.

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Pas de solution satisfaisante apportée à ce jour, malgré une tentative de dialogue hier (12 décembre) entre étudiants/profs qui soutiennent les jeunes migrants et la présidence de l'Université...

Une pétition en ligne sur change.org :

Soutien aux mineurs isolés - Occupation de l'Université de Nantes.

Texte de la pétition : À Nantes, la ville dans laquelle vous étudiez/travaillez/vivez, des dizaines de mineurs isolés étrangers dorment aujourd'hui dans la rue. L'hiver est déjà bien installé et malgré ça, la ville de Nantes ne met pas en place des moyens de logement pour ces jeunes.
Suite à une manifestation le samedi 18 novembre, une tentative d'hébergement dans les locaux de l'ancienne École des Beaux-Arts est très rapidement réprimée avec violence (Un jeune en fauteuil roulant à la suite des événements et trois autres blessés). La mairie renvoie ces jeunes dans la rue, sans aucun accès aux multiples ressources vitales.
Après une Assemblée Générale le 22 novembre, qui réunit 200 personnes, le choix d'occupation est donc une aile de Censive pour répondre en urgence à la nécessité d'hébergement. Ainsi, depuis ce mercredi, sept salles de ce bâtiment sont utilisées. [... suite...]

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