bacha

Actes Sud Junior, 2 mars 2013, 185 p.

  lu par Canel

ce

♥♥♥♥

Deux préoccupations majeures dans la vie de ces huit ados de quinze ans :
- guetter le développement de leurs signes de virilité,

- espérer représenter l'Afghanistan aux JO à l'épreuve d'aviron.
Elément moteur de l'équipe, Farrukh est quand-même un peu à part. Et pour cause...

A ceux qui ne savent pas ce que sont les 'Bacha Posh' et qui préfèrent les surprises, je conseillerais de ne pas lire la 4e de couverture. J'avais beau connaître vaguement le sujet de ce roman, je suis tombée de haut en découvrant cette coutume afghane et pakistanaise, vieille de plusieurs siècles, et encore pratiquée aujourd'hui. Elle soulève un tas de questions - évidemment sur la place (toute petite) des femmes dans certaines sociétés, mais aussi sur le 'fonctionnement' de l'amour parental dans ces familles. Comment changer radicalement du jour au lendemain la façon de voir et élever son enfant, renier des années de complicité, et lui imposer de telles perturbations...

afghaA part l'aspect sportif, qui m'a semblé longuet, j'ai beaucoup aimé ce roman dépaysant, instructif et dérangeant. Mon petit détour par Wiki en cours de lecture a un peu calmé mon indignation : « [Cette pratique] aurait commencé avec les femmes qui se déguisaient en hommes pour combattre ou pour être protégées, pendant les périodes de guerre. L'historienne Nancy Dupree a déclaré à un journaliste du New York Times qu'elle se souvenait d'une photographie datant du début des années 1900, sous le règne d'Habibullah Khan, dans laquelle des femmes habillées en hommes surveillaient le harem du roi, parce qu'officiellement, le harem ne pouvait être surveillé ni par des femmes, ni par des hommes. 'La ségrégation appelle à la créativité', a-t-elle dit. 'Ces gens ont la capacité d'adaptation la plus étonnante'. » Oui, mais...

A faire lire à nos filles ados, entre autres...

agenda2

24 déc.

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  et Mr

Le jeune Farrukh vit à Kaboul, capitale Afghane. 
Son père lui a transmis deux passions : l'aviron, qu'il pratique en tant que barreur avec ses amis, et la lecture. 
La vie semble donc lui sourire et Farrukh sait l'apprécier, mais le rappel du mensonge sur lequel elle s'est construite met brutalement fin à ce bonheur factice. 
Pour qui connaît la définition de 'Bacha Posh', le titre est probablement trop évocateur. Pour les autres (comme moi avant cette lecture) évitez d'aller la chercher avant de lire ce livre et ne lisez pas la quatrième de couverture. Vous n'en apprécierez que mieux ce roman instructif et sidérant, qui traite remarquablement bien le sujet de l'identité et de l'image de soi. 
Je conseille cette lecture aux adolescents, qu'elle puisse un peu les aider à relativiser certaines de leurs préoccupations, mais aussi aux adultes, qui y découvriront des aspects méconnus des cultures afghane et pakistanaise.