arrête

Julliard, janvier 201
10/18, 4 janvier 2018, 160 p.

pb

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« Arrête avec tes mensonges », lui répétait sa maman.
Philippe a vite été doué pour mentir mais aussi pour raconter des histoires. Ça peut être lié, mais ce n'est pas forcément la même chose.

Oser mentir l'a aidé à être honnête avec lui-même, et c'est sans doute en partie grâce à cela qu'il a assumé et vécu son homosexualité lorsqu'il l'a découverte, dès onze ans, malgré un environnement plutôt fermé à cette 'différence' (petite commune charentaise des années 80).

Savoir raconter des histoires a fait de lui l'écrivain que l'on connaît, et qui, finalement, n'en invente pas tant que cela, des histoires, vu qu'il tourne beaucoup autour de lui-même dans ses 'romans'.

Ma lecture a été poussive sur les deux premiers tiers. J'ai surtout vu les défauts de l'autofiction, ceux dont la répétition a fini par m'horripiler chez Annie Ernaux, JP Blondel, et quelques autres - nombrilisme, introspection, mélange d'auto-apitoiement et de triomphalisme (regardez comme, issu de la France d'en bas, d'une famille qui n'était 'rien', je suis arrivé loin, côtoyant les plus grands, m'offrant une maison sur la côte 'sur un coup de tête', et comme je reste tiraillé entre ces deux mondes)...

Puis, j'ai été agacée et gênée par une certaine rencontre qui, si elle a le mérite de casser enfin le rythme et relancer l'intrigue, m'a semblé flirter avec pédophilie et inceste (j'ai un peu revu ce jugement ensuite)...

La fin, en revanche, m'a beaucoup émue, me rappelant le sort d'un ami qui a pris cette décision beaucoup plus tôt, beaucoup trop tôt, faute d'avoir su mentir aux autres, ou d'avoir pu être honnête avec lui-même...

Pas sûr que je revienne vers cet auteur, pour diverses raisons : facilités de la narration (toucher la corde sensible de la nostalgie des 80's), clichés (comme cette phrase : 'Avez-vous remarqué comme les paysages les plus beaux perdent leur éclat dès que nos pensées nous empêchent de les regarder comme il faudrait ?'... et comme on voit mal quand on pleure...)... 
Et parce que j'ai bêtement du mal à dissocier d'une manière générale l'artiste de l'individu (celui qui cire les pompes des gens bien placés, par exemple)...

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22 janv.