de l'autre

The Underworld, 2017
kevintraduit de l'américain par Anne Damour
Albin Michel, Terres d'Amérique, 7 février 2018, 260 p.

♥♥♥♠♠

J'en connais une qui descend de la montagne en chantant une chanson paillarde sur un chariot chargé de paille & de foin. Quand elle rencontre HFT et 4 autres chômeurs, elle les prend par la taille, leur offre une tranche de tagada tsoin-tsoin, leur fait fumer de sa paille, et alors là, ils pédalent dans les nuages au milieu des petits lapins - sacré bon dieu qu'est-ce que c'est bien ! 😵

David a moins de bol qu'Hubert. Il ne croise pas la fille du coupeur de joints quand il traverse les montagnes pour passer de son campus à sa ville minière d'origine, dans le nord-ouest des Etats-Unis, où vit et travaille encore toute sa famille. 
Deux mondes bien différents, entre lesquels le jeune homme a toujours du mal à se situer après trois années de fac d'Histoire. Il se heurte à l'incompréhension de ceux qui sont restés. En 1972, aux USA, il faut être 'pédé ou hippie' (sic) pour aller faire des études alors qu'on a une place toute trouvée et bien payée à la mine : « Un bon boulot, une petite amie, un bar au coin de la rue. Facile de s'en contenter. »
Tout est dit : boulot, bistrot, bobonne & marmots...
Lorsqu'une catastrophe survient à la mine, David remet ses choix en question...

Un roman plein de qualités qui mérite sa place dans le catalogue 'Terres d'Amérique' d'Albin Michel, dont la ligne éditoriale ressemble à celle de Gallmeister - en moins 'nature', mais tout aussi 'writing'.

La plume et la sensibilité de l'auteur m'ont d'emblée séduite, mais l'enthousiasme est retombé : lenteur de l'intrigue, tiédeur du personnage principal, atmosphère pesante, catastrophes en série, sensation de déjà vu ('Le jour d'avant' de Sorj Chalandon, les romans noirs de Pascal Dessaint...).

L'ambiance poisseuse de la mine - avec son lot d'alcool, de violence, de drames - va me poursuivre un petit moment, sans doute. Pour la chasser, je repenserai aux échanges touchants entre Lyle et Terry...

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2 > 6 mars - merci à Babelio et à Albin Michel !