les racines

The roots of coincidence, 1972
aktraduit de l'anglais par Georges Fradier

Les Belles Lettres, Le Goût des idées, 16 janvier 2018, 144 p.

lu par Mr

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Selon l'auteur, certains phénomènes "paranormaux", comme la télépathie ou la prémonition, ne doivent pas être exclus a priori du champ de la recherche scientifique, d'autant moins que certaines études confirmeraient leur réalité. Ces phénomènes peuvent sembler absurdes mais il en est de même de certains concepts de la physique quantique (principe d'incertitude, dualité onde/matière…) dont la pertinence explicative est pourtant reconnue par la communauté scientifique.

Wofgang Pauli (1900–1958), "inventeur" du neutrino, découvreur du principe d'exclusion qui porte son nom, et Nobel de physique en 1945, a d'ailleurs travaillé sur le concept de synchronicité avec le psychiatre Carl Gustav Jung (qu'il avait d'abord consulté pour une tendance à l'alcoolisme). Ensemble, ils tentèrent d'en trouver des explications. 

Koestler nous résume leurs travaux communs, admettant la confusion de leurs explications. Celles de Koestler dans cet ouvrage m'ont aussi paru parfois très confuses. 
Je n'ai donc que moyennement apprécié cet essai d'un écrivain que je considère comme un grand penseur du XXe siècle. Je trouve que son oeuvre d'essayiste est très inégale, comme son oeuvre de romancier, d'ailleurs. 

De cet auteur, j'ai apprécié (par ordre décroissant) : 
- Les somnambules, essai historique sur le redécouverte de l'héliocentrisme, avec une réflexion sur les processus de découverte scientifique)
- Un testament espagnol, récit autobiographique de son séjour dans le prisons de Franco ;
- Spartacus, récit historique avec en toile de fond une réflexion intéressante sur les processus révolutionnaires et leurs issues ;
- L'étreinte du crapaud, essai sur Kammerer, biologiste partisan de l'hérédité de caractères acquis, passionnant même si les thèses qui y défendues me semblent contestables ;
- Janus

Son célèbre roman Le zéro et l'infini présente un intérêt historique indéniable sur les dérives du stalinisme, mais n'est pas le plus agréable à lire, tandis que Les hommes ont soif m'a paru plutôt pénible à la lecture. 

L'évolution de la pensée politique d'Arthur Koestler a beaucoup marqué l'ensemble de son oeuvre, et est très intéressante. Ancien communiste, il a renié cette idéologie après avoir pris conscience des dérives qu'elle générait. 

Si l'auteur et son oeuvre vous intéressent, je vous invite à aller faire le tour des billets de Lecassin qui l'a beaucoup chroniqué sur Babelio.