appelle-moi

Futuropolis, 27 août 2009, 64 p.

■  lu par  Canel  (17 mai - emprunt mdtk)

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A la cinquantaine, Oscar est mollasson. 
Ce n'est pas l'âge qui l'a usé, non, il a toujours été du genre passif. Les querelles avec leurs filles ados, c'est à sa femme de gérer. Celle-ci le trompe copieusement depuis des années, il ferme les yeux. Son boulot lui échappe, pas grave. Il rumine en silence.
Mais toute cette lose, c'est pas de sa faute, attention : c'est son père, artiste célèbre, qui l'a toujours étouffé. Pratique, d'attribuer ses échecs aux autres...
Une mauvaise nouvelle lui redonne un coup de fouet, il envoie valser sa routine, prend du bon temps, et va peut-être même régler quelques comptes...

Aucune empathie ni pour le bonhomme, ni pour ses aventures, aussi tragiques soient-elles par moments. 
Ennui tout au long de cette BD où je ne discernais pas très bien les contours entre actes, fantasmes et rêves.
L'intrigue rappelle évidemment celle d'un roman récent, porté à l'écran, beaucoup plus fort, dérangeant, et même insoutenable. 'Deux jours à tuer' de François d'Epenoux.

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■  et Mr

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Que faire des dernières semaines de sa vie quand on est atteint d'une grave maladie ?
 
C'est la question à laquelle répond Oscar, et que le lecteur lui-même est amené à se poser. Pour ce quinquagénaire, le temps des regrets est arrivé, et ils sont nombreux : impression de ne pas avoir maîtrisé son destin, soif de vengeances, multiples frustrations. Il tente de rattraper le temps perdu et d'enfin se libérer de contraintes qu'il a subies ou s'est lui-même imposées. Mais la pomme qu'il croque désormais à pleine dents, et la vengeance, ont un goût bien amer dans un tel contexte.

L'intérêt de cette histoire est d'amener le lecteur à s'interroger sur ce qu'il ferait en une telle situation, et par suite sur ce qu'il fait de sa propre vie. S'il s'identifie quelque peu à Oscar, il peut se projeter, voire jubiler quand l'homme "se lâche". Mais le propos est généralement outré et probablement très décalé de ce que chacun d'entre nous ferait réellement ou envisagerait dans cette situation.

Le graphisme, très dépouillé, restitue bien les personnages et leurs expressions, mais convient moins bien à leurs environnements intérieurs ou extérieurs d'autant que les coloris ne sont pas toujours réussis (ciel souvent uniformément bleu) par choix du dessinateur (Christian Durieux) de ne recourir qu'à quelques couleurs de base (jaune, bleu, jaune, et rouge - jamais nuancés - noir, blanc et gris ou beige).