le jour du chien

Albin Michel, 2017
Le Livre de Poche, 16 mai 2018, 504 p.

♥♥♥♥

On prend les mêmes et on commence pour de bon (avec le 1e opus, donc) cette série qui met en scène le médecin urgentiste Chris Kovak et le commissaire Armando Batista. 
On ne peut pas dire que ces deux-là collaborent main dans la main quand les disparitions et cadavres se multiplient autour d'eux, mais ils font du bon boulot, mine de rien, chacun de leur côté. Et on avance - à défaut d'arriver complètement, car oui, il faut le savoir, même à l'issue du 2e tome, on ne saura toujours pas qui... *

Mêmes protagonistes, à quelques-uns près - il faut bien que certains meurent, sinon, où est le suspense ? 
Et même cadre : Paris et son gigantesque sous-sol labyrinthique (égouts, catacombes, métro, rendez-vous underground...).

Comme avec La nuit de l'Ogre, j'ai apprécié les anecdotes sur l'Histoire parisienne.
Bernard Werber apparaît en fin d'ouvrage dans les remerciements, et la façon dont Patrick Bauwen épice son récit de petites infos scientifiques, historiques, socio-politiques, rappelle en effet l'auteur des Fourmis. Le style d'intrigue fait également penser à celles de Harlan Coben.

J'ai aimé également le rythme pêchu et le côté page-turner entretenu par l'alternance de cadres et personnages entre les chapitres, et par quelques rebondissements surprenants. 
Mais là encore j'ai pu déplorer des scènes trop spectaculaires et des invraisemblances. ** Les multiples facettes de DZ ne me semblent pas crédibles, eu égard à son emploi, par exemple... **

* Un an à attendre, j'imagine ? D'ici là, j'aurai beaucoup oublié.

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agenda2

30 mai > 3 juin


  ■  EXTRAIT :

Peu de gens s'en rendent compte, mais Paris n'est que le couvercle d'une autre ville aussi vaste. Entre les réseaux des égouts, du métro, du téléphone, les galeries électriques, les parkings, les innombrables caves, les abris datant de la Deuxième Guerre mondiale et les Cata[combe]s, ce sont des milliers et des milliers de kilomètres qui grignotent le sous-sol.
Catacombes n'est pas le terme exact, d'ailleurs, puisqu'il s'agit des anciennes carrières de Paris. [Il] a lu quelque part que si elles existaient, c'était parce que l'homme les avait exploitées durant deux mille ans : gypse, calcaire pour les églises (comme Notre-Dame), craie, argile pour les tuiles (qui a donné le nom des 'Tuileries'), à ciel ouvert d'abord, enterrées par la suite. Elles sont devenues les Catacombes seulement au XVIIIe siècle, lorsque les cimetières surchargés de Paris vomissaient littéralement leurs morts à la figure des habitants.
A l'époque, les gaz de décomposition étaient tels qu'ils filtraient à travers les murs et éteignaient les chandelles de suif. Les parois des caves cédaient en déversant des tonnes de cadavres. Les autorités décidèrent de transférer les corps, ou plutôt leurs restes, dans les carrières inactives.
Ainsi naquirent les Catacombes. Un empire de ténèbres à l'odeur fade d'humidité, au sol parsemé de trous et de crevasses à température constante, été comme hiver, ni trop chaude, ni trop fraîche. Une cité des morts, vingt mètres sous les vivants, totalement coupée du monde des télécommunications.

catas

- plan touristique des Catacombes -