millenium

Fayard, 2018, 235 p.

♥♥♥♥

Elle rêvait de devenir princesse - comme nous toutes ? Ou plutôt épouse de pionnier du Minnesota, puisque pour elle, Charles Ingalls incarnait l'homme idéal. Costaud, bosseur, adroit de ses mains, beau, chevelu, doux, aimant, réfléchi, etc.
Son bel Eddy n'a pas tenu longtemps la comparaison...

Sur fond de nostalgie des 90's, avec Abba (des 70's - 80's) en bande-son, l'auteur nous raconte la vie semée d'embûches de Zouzou, petite parisienne métisse - divorce parental, sévère dépression de la bonne copine après une tuile, 'faiblesses' (euphémisme) masculines, maternité (côté fille et côté mère), monoparentalité...

Je situe Faïza Guène et ce livre en particulier entre Marie-Sabine Roger (que j'aime bien) et Virginie Despentes (que j'adore), mais quelques crans en-dessous quand même, à cause des poncifs et d'une certaine facilité.

L'humour et le cynisme de l'auteur m'ont interpellée, amusée, parfois émue. J'avais déjà apprécié son Kiffe kiffe demain et ses Gens du BaltoCe style de lecture a fait mon bonheur à l'adolescence et je l'avais laissé de côté. Le plaisir éprouvé ici me donne envie d'y revenir plus souvent. 

• Une demi-étoile a sauté avec le dernier chapitre et cette phrase, notamment : « Ça serait bien qu'on ne s'habitue pas à la terreur. » 
J'ai dû mal à admettre qu'on puisse parler de 'terreur' quand, en Occident, on a un toit et de quoi vivre, aujourd'hui. L'inquiétude induite par le terrorisme n'a rien à voir avec la 'terreur' des populations d'un pays en guerre, faut quand même pas déconner. 
Cette simplification démago de la part de l'auteur dans la dernière ligne droite m'a paru d'autant plus cocasse et malvenue que ce genre d'idée et de discours simplistes autour de l'insécurité a contribué à couler Lionel Jospin dès le premier tour en 2002 - épisode politique que Faïza Guène évoque par ailleurs avec pertinence dans ce roman. 

PS : pour la couverture, j'aurais plutôt mis un casque de walkman que des écouteurs, plus représentatif de ces 90's dont il est tant question dans ces pages...

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agenda2

26 > 28 juillet - emprunt mdtk 

« Si, un jour, je rencontre Björn Ulvaeus et Benny Andersson, je les remercierai d'avoir écrit la bande originale de ma vie. »
(Zouzou, p. 174)