la nuit

Liana Levi, 24 août 2017
alkiPiccolo, 20 septembre 2018, 320 p.

♥♥ 

Paris, 1310-1315, quartier du Marais - sale an, bon an... 
Comme aujourd'hui, sept siècles plus tard : impression lourde et effrayante d'être à une période charnière et que la situation est explosive : 
« Les problèmes monétaires qui accablent le royaume ne font qu'empirer le sentiment d'insécurité. Les pauvres et les désespérés affluent plus nombreux au couvent, une vague de mécontentement balaie les campagnes et commence à toucher la petite noblesse terrienne qui s'organise en ligues revendicatrices. [...] Les plus faibles, comme toujours, seront les premiers à souffrir. »

Dans ce roman historique : 
- des magouilles politico-religieuses de puissants qui, soucieux d'accroître leur fortune et leur pouvoir, éliminent la concurrence potentielle
- des béguines, femmes au statut particulier : plus libres que des religieuses (elles se réfèrent à Dieu et passent beaucoup de temps à prier et , mais c'est dans l'air du temps, comme la surconsommation aujourd'hui), vivant entre elles, donc protégées des hommes violeurs/pilleurs, des mariages arrangés et consommés avant la puberté, etc.
- le décor : les rues du Paris d'alors, animées, puantes, bruyantes, peu sûres, les tortures et exécutions en place publique...
- des histoires d'amitié et/ou amour, des corps qui se frôlent, des regards qui s'attardent, des soins qui se transforment en caresses - un peu de sensualité hétéro et homo dans ce monde de brutes...

C'est l'ennui qui a dominé au cours de cette lecture, et je n'en suis pas fière, non non.
Je n'ai pas aimé, sans trop savoir pourquoi.
'Manque de souffle romanesque', comme disent certains autres lecteurs déçus ?
Trop de personnages ?
Intrigue trop ténue, au profit de détails barbants sur le contexte ?
Atmosphère trop religieuse ?

Je me suis souvent interrogée sur les raisons de cet agacement puisque j'avais particulièrement apprécié Les Piliers de la Terre (Ken Follett), action au XIIe siècle, mais on n'est plus à 200 ans près quand on remonte 'si loin' dans le temps. J'avais été captivée aussi par Pour en finir avec le Moyen Age (essai de Régine Pernoud), Les Rois maudits (série de Maurice Druon) dont le premier volet s'ouvre sur un des événements de la fin de cette Nuit des Béguines, etc.

Bref, je suis soulagée d'en avoir fini avec cet ouvrage, d'être allée au bout, sans doute de moins en moins concentrée, l'esprit souvent accaparé par cette petite chanson des 80's ♪♫ : « Je donne [...] ma chemise à fleurs, mon kimono / Mes plans secrets et mes plantes vertes / J'offre croisière avec radeau / Je donne mon lit, ma brosse à dents / Mon esprit tordu mais sincère / Mes tickets de bus et restaurant / Je donne tout devant moi derrière [ouh là, je ne suis pas sûre d'aimer ce plan...] / Pour une biguine avec toi... » ♪♫ C'est idiot, mais les chansons qui viennent en tête toute seules, ça ne se commande pas. Cette 'pathologie' a sûrement un nom, et je pense qu'on est nombreux à la partager... 😉

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