c'est dimanche

Editions Gallimard, 2015
Folio, 19 janvier 2017, 160 p.

♥♥♥

Plus de vingt ans après l'accident qui a coûté la vie à José, son premier amour, Léonore s'envole pour le Portugal. 
Après s'être dérobée pendant tant d'années, elle se résout à lui rendre un dernier hommage. Elle est enfin prête à affronter la famille, là-bas, elle qui se sent coupable de ce décès. Peut-être pourra-t-elle ensuite tourner une page, passer à autre chose ? Faire la paix avec elle-même, pour enfin s'autoriser à vivre, aimer, peindre à nouveau ?

Encore un joli portrait de femme.
On imagine Léonore à la fois vulnérable et déterminée - comme la maman dans Tenir jusqu'à l'aube, la jeune femme qui subit les appels de sa mère dans Une femme au téléphone, la grande soeur qui écrit à son frère dans Que nos vies aient l'air d'un film parfait
On ne peut s'empêcher d'imaginer la part autobiographique, et cette projection rend l'auteur très attachante et le récit bouleversant.

Si les aventures de Léonore m'ont semblé plus convenues et prévisibles que celles des femmes des autres romans de Carole Fives, le parcours de José et de sa famille m'ont en revanche captivée et émue : encore des histoires d'exil, d'Eldorado, d'espoirs déçus. Un bel hommage à tous les Portugais qui, chassés par la dictature dans les 70's, ont été 'accueillis' dans des bidonvilles en France, pour reconstruire 'nos' logements. Précédés par les Italiens, nord-Africains, Espagnols, suivis par les sud-Américains, les migrants actuels fuyant la guerre et la misère...

C'est l'Histoire qui se répète, et j'ai envie d'arrêter de me dire que je n'y suis pour rien si des gens dorment dehors...

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4 nov.