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Otto Dix à l'honneur au Musée des Sables d'Olonne

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Du 14 octobre 2018 au 13 janvier 2019L’œuvre et la vie d’Otto Dix (1891-1969), artiste reconnu aujourd’hui comme l’un des peintres allemands les plus importants du XXe siècle, ont traversé des temps d’une violence et d’une cruauté extrêmes. Ils furent irrémédiablement marqués par les horreurs de la Première Guerre mondiale, à laquelle l’artiste participa comme engagé volontaire puis par le nazisme, qui stigmatisa son œuvre comme « art dégénéré ».

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Jeudi 08/11, conférence : Les expressionnistes face à la guerre - par Itzhak Goldberg

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Comme l’ensemble des avant-gardes, les expressionnistes n’échappent pas à l’ambiguïté dans leur rapport à la guerre. Tout laisse à penser que leur vision de la métropole – c’est à dire Berlin - perçue alternativement comme sublime ou terrifiante, se poursuit avec la représentation de la catastrophe mondiale.

Oscillant entre fascination et crainte, entre enthousiasme et aveuglement, les artistes réagissent comme l’ensemble de la population : les opinions varient d’un individu à l’autre. Toutefois, on constate que souvent, ils y voient une expérience de vie extrême et une possibilité de ressentir la réalité selon une intensité maximale. Pour eux, la guerre, comme l’était auparavant la ville, est un puissant catalyseur de leurs activités créatrices. Le pathos expressionniste, rejoint aisément le pathos du discours belliciste ambiant dans son ivresse nationaliste et patriotique.

Puis, face à la réalité, leur attitude change. Une phrase de Hans Richter résume parfaitement ce retournement : « Pendant la guerre on était contre la guerre ». La critique devient plus violente. Grosz ou Dix montrent les méfaits de la guerre d’une manière précise. C’est alors un défilé de toutes les victimes des hostilités, qui, plus tard, seront laissées pour compte ; les mutilés, les mendiants. Face à eux, des profiteurs de guerre, hauts gradés militaires ou industriels. La ville, qui retrouve une place centrale dans leurs toiles, est le reflet d’une société à deux vitesses.

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Itzhak Goldberg est professeur émérite en Histoire de l’art à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne. Critique au Journal des Arts, il a été également commissaire de plusieurs expositions. Parmi ses publications, on notera 'Installations' (éd CNRS, 2014), 'Visage et portrait' (Presses Universitaires de Paris Ouest, 2010), 'Le Visage qui s’efface de Giacometti à Baselitz' (Toulon, Hôtel des Arts, 2008), 'Jawlensky ou le visage promis' (L’Harmattan, coll. « Ouvertures philosophiques », 1998). Sa publication la plus récente est 'Expressionnisme' (éd Citadelles & Mazenod, avril 2017).  (source : Agenda du Masc)

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Quelques unes des oeuvres avec lesquelles
Itzhak Goldberg a illustré ses propos :

• August Macke, Le Départ, 1914 •

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 •  Félix Vallotton, Les Barbelés (xylographie), 1916  •

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•  Otto Dix  •

Troupes avançant sous les gaz, 1924   -   Soldat blessé, 1916

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 Danse des Morts, 1917    -    La Machine de Guerre, 1924

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 Auto-portraits d'Otto Dix (1913 - En soldat, 1914 - Avec casque d'artillerie, 1914 - En cible, 1915).

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apod2   apod1

Les laissés pour compte de l'après-guerre : Rue de Prague, 1920 - Le marchand d’allumettes, 1920.

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•  Levis Corinth (Autoportrait, 1911 - Armure, 1918 - Autoportrait1918) •

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•  Max Beckmann  •

Autoportrait en infirmier, 1915   -   Autoportrait au foulard rouge, 1917

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(s'arrêter sur le regard et la main gauche, qui montrent bien la métamorphose de l'homme...)

•  Autoportraits de Ernst Ludwig Kirchner  •

En soldat, 1915    -    Malade, 1918.

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•  Conrad Felixmüller, Soldat à l'asile, 1918  •  

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•  Walter Gramatté, Die große Angst*, 1918 

* L'Effroi.

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 •  Wilhelm Lehmbruck, Der Gestürzte*, 1915-1916  •

* L'homme tombé.

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Un grand MERCI à Itzhak Goldberg pour l'exposé passionnant, et toutes ces références.
En espérant que vos ouvrages sont aussi abordables pour les non-initiés...

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pensée pour mon grand-père paternel, ancien 'Poilu', décédé en 1966

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