tyrannie

Grasset, 17 janvier 2018, 390 p.

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« La population de mon pays était divisée entre ceux qui avaient peur et ceux qui faisaient peur. » 

Portrait de l'Aztracie, dictature fictive qui ressemble à tant d'autres du passé, en cours, ou imaginées par des auteurs (Aldous Huxley, George Orwell...).
Purges, intimidations meurtrières, lois castratrices absurdes, lavage de cerveau, encouragement à la délation...

On appréhende les règles de cette autocratie par deux biais :
- par le récit de sa genèse et la biographie du dictateur, Isidor Aztri
- à travers le procès, en France, d'un de ses opposants

La description directe du fonctionnement du pays ressemble, par la forme, à un conte oriental, et certains aspects, qui rappellent les mythologies antiques, mettent mal à l'aise. On peut aussi se perdre dans la multitude de personnages.

La partie 'procès', plus concrète, est passionnante. 
Richard Malka, avocat, nous présente de façon extrêmement détaillée tous les rouages d'un jugement (stratégies, manipulation, états d'âme des juristes, des témoins, des jurés, coups de théâtre)... 
On admire encore plus cette précision lorsqu'on a assisté à des procès, où, même sans être juré, même sans être lié à l'une des parties, l'implication, l'émotion sont tout autres que lorsqu'on en regarde sur écran.
On suit intensément les interventions de chacun, on se laisse convaincre par telle ou telle plaidoirie, tel discours d'expert, on est invité à se poser les questions de responsabilité, intentionnalité, culpabilité, et de la portée universelle que peuvent revêtir le procès d'un individu et le verdict du jugement...

Bref, c'est captivant et très instructif. 
Un peu dense, peut-être, mais une telle richesse exige bien un effort de lecture soutenu.

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agenda25 > 12 nov. - merci à Diablotin pour l'idée ! 😉