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Flammarion, 7 mars 2018, 336 p.

♥♥♥

Malgré mon admiration pour l'auteur, ses talents d'humoriste sur France Inter, ses engagements de sympathique 'gauchiasse' (sic), j'ai tourné autour de cet ouvrage pendant des mois.
C'est le sujet qui me faisait hésiter et différer cette lecture : analyse approfondie et découverte du sens caché du célèbre poème de Rimbaud : 'Voyelles'. La poésie, je n'y comprends pas grand chose, sauf si le texte est aussi limpide et émouvant que celui du 'Dormeur du Val', par exemple...

Guillaume Meurice retrace ici la vie de Cosme Olvera, un vrai monsieur, pas un personnage de fiction, fils d'immigrés espagnols, autodidacte, féru d'échecs (le jeu), de cryptologie, de littérature. C'est lui qui, plus de cent ans après l'écriture de ce poème 'sulfureux et mystique' en aurait trouvé les clefs, alors que tant d'autres s'y sont essayé et cassé les dents.

cosme1Le roman/biographie s'ouvre et se ferme sur des considérations très techniques sur le décryptage de 'Voyelles'. C'est long, ardu (surtout la fin) et ça vole beaucoup trop haut pour moi. 
Au milieu du sandwich, le meilleur : la jeunesse mouvementée et riche en expériences du touche-à-tout Cosme Olvera, dans les années 80.

Ecriture nerveuse, efficace, une petite ressemblance avec Teulé, en plus 'fin', ça se lit tout seul, avec plaisir. Sauf les nombreux passages sur les échecs, un univers encore plus abscons pour moi que celui de la poésie.

Lecture déstabilisante, parce que je n'ai pas reconnu la patte de Meurice, ou ce que j'en attendais. Et à cause de ce flou, à la fin, en lisant « Les auteurs remercient... ». C'est donc Cosme Olvera qui a rédigé les parties ardues (que j'ai survolées) ? Si oui, pourquoi son nom ne figure-t-il pas en haut de l'ouvrage, à côté de celui de Guillaume Meurice ? Stratégie éditoriale ? Autrement dit 'commerciale', pour ne pas effrayer le client ?

Si j'avais su tout ça, si c'était à refaire, je ne pense pas que je lirais cet ouvrage. Je n'aime pas refermer un livre en ayant la sensation d'être complètement idiote. Surtout quand l'auteur (les auteurs ?) s'en fiche(nt) : 
« A ce stade, je sais que nous avons perdu pas mal de témoins de cette lettre... Tant mieux, ça leur permettra de s'intéresser à quelque chose d'autre qui les élèvera et leur siéra certainement mieux que ce voyage au royaume de 'Voyelles'. » (p. 316/332)
Merci de me congédier quinze pages avant la fin, les gars.
Le gogo a acheté le livre, il peut partir : 
« Casse-toi pov'con ! » comme dirait l'autre... 

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 19 & 20 déc. - emprunt mdtk

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   Extrait :

- Philippe Pascal, vous connaissez ?
- Non...
- Ex du groupe Marquis de Sade !
- Ah oui ! Aujourd'hui Marc Seberg !
- Exactement ! Il a chanté, il y a quatre ou cinq ans, 'Recueillement' de Baudelaire. Mis en musique par Pascal le Berre... Puissant ! D'ailleurs c'est à partir de là que j'ai plongé dans Baudelaire.
(p. 261)