ds le jardin

Gallimard, 2014
Folio, janvier 2016, 230 p.

ls

♥♥♥

Journaliste peu reconnue, mal payée, mère d'un petit garçon de trois ans, Adèle est une éternelle insatisfaite. Une Emma Bovary du 21e siècle. D'ailleurs c'est en Normandie que son médecin de mari envisage d'aller s'enterrer – l'enterrer, elle, puisqu'elle lâchera son boulot, tandis que lui sera bien occupé par son poste de chef de clinique...

Femme-enfant gâtée, frustrée ? Adèle veut briller, être remarquée, désirée, et comble depuis longtemps l'ennui et le sentiment de vacuité avec le sexe. Sans répit, partout, avec n'importe qui, ou presque. Elle aime décrocher le gros lot avec des hommes ambitieux, bien placés. Quelques verres pour s'enhardir, drague brutale, séduction crue, le type n'en revient pas, il se laisse faire, avec plaisir. Mais déjà, elle, une fois qu'il a cédé, ça ne l'intéresse plus, souvent même avant la fin de l'étreinte. Elle jette. Si le partenaire s'accroche, elle peut y revenir, vraiment quand elle n'a rien d'autre. Son mari ne voit rien, trop occupé ? Il est d'une gentillesse et d'une patience infinies, avec elle.

Leïla Slimani est douée pour raconter des histoires : 'Chanson douce' m'avait happée, d'autant que la présentation de ce drôle de trio (parents et nourrice) et de la dégringolade insidieuse était subtile.
Je suis moins convaincue ici. Peut-être parce que j'ai lu récemment d'autres romans sur des addictions - alcoolisme ('Etat d'ivresse', Denis Michelis) et 'Confessions d'une kleptomane' (Florence Noiville) - que j'ai trouvés plus aboutis et plus intenses ?

Malgré le sentiment de tourner en rond à la lecture, j'ai lu rapidement ce roman, entraînée par le suspense : jusqu'où Adèle pourra-t-elle jouer avec le feu sans dommages ?

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6 & 7 janv.