grégoire

Albin Michel, 30 janvier 2019, 240 p.

♥♥♥

Grégoire a dix-huit ans et travaille dans un Ehpad, aux cuisines. Il lui arrive d'aller porter les plats dans les chambres. Lorsqu'il découvre l'antre de Monsieur Picquier, le 'vieux libraire', un nouveau monde s'ouvre à lui : celui de la littérature. Lui qui détestait l'école et la lecture...
« Grégoire ? (...) Grégoire, rassure-moi, tu sais lire ?
- ...
- Quand tu reviens, on en parle. »

Ils vont faire plus qu'en parler, ils vont s'y mettre tous les deux, et à fond. 

Les progrès fulgurants du jeune homme tiennent du miracle, mais passons, les livres sont là pour faire rêver, c'est d'ailleurs un des propos de ce roman.

Un roman auquel je n'ai pas vraiment adhéré, me répétant souvent qu'il allait sûrement cartonner pourtant, tant il est démago et plein de bons sentiments (et grâce au chat sur la couverture ?). 
Quelques idées :
- en France, on ne s'occupe pas bien de nos personnes âgées -> c'est vrai
- vive l'amitié et l'amour ! -> moui
- et les livres de Q !! -> ça dépend
- l'enseignement protège de la délinquance et donc de la prison * -> et là je ricane, en pensant à tous ces haut-placés en politique ou dans les affaires, bardés de diplômes, et qui échappent en effet à la prison, mais pas pour les bonnes raisons...

Du prêt-à-penser destiné à ceux qui aiment les mots, la langue, les livres, la lecture, sans se prendre la tête.
Une histoire rocambolesque, fofolle, comme on en voit beaucoup depuis quelques années autour des personnes âgées (cf. Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire). Et trop sucrée, comme certains best-sellers de Marie-Sabine Roger (qui ont le mérite d'être plus piquants), ou d'EE Schmitt. 
Le feel-good, ça m'énerve. Là, je lis l'histoire triste à pleurer d'une femme/mère alcoolique, et ça me convient mieux. Mais le style de l'auteur y est aussi pour beaucoup.

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  *   « Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne. 
        Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne 
        Ne sont jamais allés à l'école une fois, 
        Et ne savent pas lire, et signent d'une croix. 
        C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime. 
        L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme. 
        Où rampe la raison, l'honnêteté périt. [...] »

   Victor Hugo, 'Écrit après la visite d'un bagne'

   in 'Les quatre vents de l'esprit' (1881)

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27 > 29 déc. - merci à Babelio et aux éditions Albin Michel.