est-ce

Can't we talk about something more pleasant ? - 2014
roztraduit de l'anglais (Etats-Unis) par Alice Marchand
Gallimard, octobre 2015, 230 p.

« Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose ? » Ni de mort, ni d'argent, ces deux sujets tabous.
Eh bien non, pas dans cet album. 

Roz Chast nous parle de la vieillesse de ses parents nonagénaires, et de tout ce qui va avec : maladies (dont pertes de mémoire), dépendance, maison de retraite et de repos, hôpital, soins palliatifs, mort, appartement encombré et sale, à débarrasser de tous les souvenirs.
Et de tout l'argent qu'il faut pour accompagner les dernières années de nos proches quand ils vivent vieux et en mauvaise santé. Ça coûte 'un pognon de dingue' à la famille, aussi mauvaises soient les conditions de 'détention' dans les Ehpad, même les plus prestigieuses : « Ma mère n'appelait jamais ça un 'trou à rats', mais elle avait ses opinions : 'On n'est pas des pensionnaires, on est des DÉTENUS.' »
Ça demande aussi beaucoup de temps et d'énergie.

Rien de gai dans cet album, donc, et pourtant l'auteur arrive à nous faire sourire, et même rire. 
Avec une grande franchise et un sens affirmé de l'autodérision, elle ne cache rien de ses sentiments ambivalents à l'égard de ses parents - de sa mère, surtout, avec qui les rapports ont toujours été compliqués. 
Avec l'air de ne pas y toucher (les dessins semblent griffonnés à la hâte), Roz Chast dresse un portrait aussi réaliste que touchant et drôle de la famille, des relations entre enfants adultes et parents (très) âgés, lorsque les rôles s'inversent, dans notre société où le soin des vieillards dépendants est confié à des tiers.

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agenda2

28 & 29 janv.

Tu inverses les moments, renverses les choses (...)
Tu dis des mots à la place des autres 
Tu dis 'Pourquoi ?' sans même dire un mot 
Tu ne connais plus le nom des fleurs du jardin 
Tu ne connais plus le nom des fleurs 
Tu te rappelais pourtant de tout (...)
Mais à la fin, de plus rien du tout 
Tu te rappelais pourtant de nous 
Mais à la fin de plus rien...