paris-venise

Allary, 2018
floPocket, 17 janvier 2019, 205 p.

♥♥♥♥

Après avoir perdu son job de réceptionniste dans un hôtel, Roman se retrouve à bosser sur le Paris-Venise, un train d'une compagnie privée. Les collègues sont sympas, les chefs un peu moins, les conditions de travail pas terribles, certaines tâches ingrates, et le boulot est mal payé. 

Mais... la délicieuse Juliette illumine et rafraîchit ces trajets mornes, interminables, éreintants et étouffants. On peut aussi arrondir ses fins de mois via quelques activités annexes, au nez et à la barbe de l'employeur.

Nicolas Ungemuth (Le Fig Mag, cité en 4e de couv) écrit à propos de ce roman : « Pour lire tout en riant à gorge déployée. »
J'ai ri, souvent, mais ma gorge était plus nouée que 'déployée'.
T'es resté en première classe, Nico ?


Ce loser au grand coeur est aussi amusant qu'émouvant et les victimes de ces petits délits entre amis ne sont pas que des riches Occidentaux partis s'en mettre plein les mirettes à Venise. Il y a aussi ceux qui montent à Milan, avec ou sans billet, avec ou sans passeport :
« Ces hommes venaient en majorité d'Afrique, mais aussi du Pakistan, du Bangladesh, de Syrie, d'Albanie, et avaient l'air d'avoir vécu des choses compliquées [...]. Des types avec des cernes, des cheveux sales, des coupures. »

Quoi qu'il en soit, grâce à l'humour de l'auteur, ce récit est une réussite. Le ton rappelle ceux d'Arnaud le Guilcher et d'Olivier Maulin. On pense aussi à Iain Levison pour le côté autobiographique, l'auto-dérision, et la critique de notre société, de ses laissés-pour-compte et des 'petits boulots'. 

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10 & 11 février