été circulaire

Albin Michel, 2018
mbLe Livre de Poche, 3 avril 2019, 250 p.

Céline & Jo, soeurs de 16 et 15 ans, dans la touffeur d'un été du Luberon.
Le dernier été de l'insouciance adolescente ? Céline est sexy, aguicheuse ; Jo, lucide, colérique, pragmatique, vit dans son ombre.
Elles ne sont pas touristes (d'ailleurs elles ne sortent jamais d'ici), elles vivent dans cette petite ville près de Cavaillon, entourées de copains. Les parents triment - la mère est employée municipale, encore jeune, pas trop mal, un peu vulgaire, dure, fière ; le père est maçon, descendant de réfugiés espagnols. Il boit trop, parce qu'il fait chaud, qu'il a un boulot éreintant, et surtout « pour rendre les choses floues ». A l'occasion, il cogne ses filles, quand « ça vrille », parce qu'il « n'a pas beaucoup de vocabulaire ».

Roman noir très réussi, qui frappe fort, aussi fort que le précédent 'Dans le désordre'. Là encore, l'auteur décrit brillamment le désarroi d'adolescents et de parents pris eux aussi dans la tourmente, alors qu'ils ne sont guère plus mûrs et qu'ils ont été propulsés trop tôt dans une vie d'adultes pas vraiment à la mesure de leurs rêves.

J'ai pensé au Paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian pour la fresque sociale, à Corniche Kennedy (Maylis de Kerangal) pour les jeux de séduction/domination et d'épate entre ados. Et surtout aux excellents D'Acier et La vie parfaite de Silvia Avallone - même ambiance, même contexte, et une écriture aussi juste.

Mention spéciale à Jo, une gamine attachante dont la clairvoyance, le sens de la repartie et la colère rappellent certains personnages de Virginie Despentes.

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21 & 22 avril - ❤️