mistral

Editions JC Lattès, 2017
Le Livre de Poche, 2 janvier 2019, 185 p.

imo

♥♥♥

Ce titre empreint de nostalgie est avant tout un hommage au chanteur Renaud. Sans être le personnage principal du texte, il en est le fil/bandana rouge, car ses chansons, sa carrière, ses engagements et l'homme qu'il a été et est devenu ont marqué la vie d'Isabelle Monnin.

A la manière d'Annie Ernaux dans Les Années et de JP Dubois dans Une vie française, l'auteur relate ici son parcours d'enfant née au début des 70's dans une famille de 'classe moyenne'.
Inscrits dans les contextes socio-économiques, politiques et culturels de ces quarante dernières années (et des poussières), les souvenirs d'Isabelle Monnin ressemblent à ceux d'une partie de sa génération, ce qui donne une portée documentaire à cet ouvrage si intime. D'autant que l'auteur, sociologue, livre succinctement ses analyses de ces 'événements' qui ont marqué 'notre' époque, et des métamorphoses de la société.

L'exercice est réussi. Mais j'ai été aussi agacée qu'admirative.
Agacée, parce que j'ai déjà lu 'ce' livre plein de fois, sous les plumes d'Annie Ernaux, Jean-Philippe Blondel, Delphine de Vigan - thématiques, style et certains tics d'écriture (notamment sur le deuil).
Admirative parce que l'auteur est douée pour nous replonger dans nos souvenirs grâce à l'évocation du quotidien : jeux, musique, variété française, télé, ciné, radio, politique et ses temps forts, espoirs & ambitions. Elle pose en outre un regard intéressant sur les désillusions personnelles et collectives de ceux de sa génération, sur « les événements qu' [on] ne comprend que trop tard, en décalé » à la lumière de ce qui a suivi et de la maturité acquise…

Lecture réservée aux plus de 35, voire 40 ans ?

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6  >  9 avril