la fille secrète

Secret Daughter, 2010
shitraduit de l'anglais (Inde) par Josette Chicheportiche
Mercure de France, 2011
Folio, octobre 2012, 470 p.

♥♥♥♥

1984, Etats Unis.
Union stérile pour ce couple de médecins, au grand désespoir de la femme.
A près de 15 000 kilomètres de là, en Inde, les filles sont toujours indésirables dans les familles pauvres - on ne peut pas se permettre d'élever plusieurs enfants, ni d'économiser pour la dot. Les parents sont encouragés à pratiquer une IVG si l'échographie révèle que le bébé n'est pas un garçon. C'est payant. On peut aussi supprimer la fillette à la naissance. C'est gratuit. Il suffit d'avoir une pelle pour l'enterrer discrètement... Kavita a déjà perdu sa première fille de cette façon. Déterminée à sauver la seconde, elle la place dans un orphelinat, espérant une vie meilleure pour elle, si celle-ci a la chance d'être adoptée par un couple aisé (occidental, par exemple).

Ce roman donne un aperçu de l'Inde des trente dernières années, en particulier des pratiques de 'régulation' de la natalité chez les plus démunis. L'histoire de Kavita rappelle les destins de femmes chinoises décrits par Xinran (notamment dans Messages de mères inconnues) ou Julie Ewa (Les petites filles). On y découvre différents visages de Bombay/Mumbai, de ses bidonvilles à ses demeures de riches propriétaires.

A travers les destins croisés de Kavita, de sa 'fille secrète' et de la mère adoptive américaine, l'auteur soulève également les multiples problèmes et questions que peuvent poser l'adoption, pour la mère biologique, l'enfant abandonné/recueilli et pour les parents.

Agréable à lire, instructif, moins superficiel que La tresse, plus romancé et moins dense que les ouvrages de Xinran.

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agenda28 > 12 mai - merci Sandrine !