72h

Editions Thierry Magnier, 14 février 2018, 175 p.

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«  Je sais que ma décision perturbe : 'Pourquoi tu as voulu le garder si tu ne comptais pas l'élever ?' »

Irène vient d'accoucher sous X, à dix-sept ans.
Elle a 72 heures pour revenir sur cette décision d'abandonner l'enfant (ou plutôt de le confier à l'adoption).
Ce bébé, elle ne l'a pas voulu. Mais quand elle a découvert sa grossesse, elle a choisi de ne pas avorter, alors qu'il était encore temps.
Elle apprend la nouvelle tardivement à ses parents. Ils sont abasourdis, tout comme sa grand-mère. Qui est le père ? Pourquoi mener à terme cette grossesse et accoucher sous X ? Ils ont les moyens de l'élever, ce bébé, pour qu'Irène poursuive sereinement ses études, etc.

Au-delà de la question des grossesses précoces / non choisies, l'auteur nous interroge sur l'héritage familial, sur tous les non-dits qui font surface lors de crises, lorsque l'on est face à des choix :
« Il y a ce gène de la transmission féminine, très élaboré, dans notre famille, qui est avant tout un gène de pouvoir et de domination. »

Ce roman parvient subtilement à nous faire changer de point de vue à plusieurs reprises. Je me suis tour à tour identifiée à Irène, qui entend se libérer du joug maternel, à sa mère, qui espère influencer sa fille pour lui épargner des regrets, et à la grand-mère.

Cette histoire est transposable à d'autres grands tournants de la vie d'adolescents et de jeunes adultes et de leurs parents, comme l'orientation scolaire et professionnelle - un choix moins définitif, certes.

Sur les grossesses d'adolescentes, on peut aussi lire : La décision (Isabelle Pandazopoulos), Une vie parfaite (Sylvia Avallone), L'été circulaire (Marion Brunet)…

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 8 & 9 juin - merci à Babelio et aux éditions Thierry Magnier