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Le Quartanier, 2017 (au Québec)
Q
uidam Editeur, 2018
eripLe Livre de Poche, 27 février 2019, 220 p. 


  lu par Mr

        ♥♥♥♥

En 1981, les autorités québécoises décident de faire appliquer la réglementation relative à la pêche aux saumons dans les cours d'eau. Cette pêche permet à de nombreux Amérindiens de pouvoir vivre. L'affrontement semble inévitable : pot de fer contre pot de terre…
Il faut dire que depuis l'arrivée des colons blancs, les autochtones ont subi de nombreux abus et brimades. Les quelques réserves qui leur ont été concédées ne changent pas grand-chose à l'affaire, au contraire elles contribuent à les ghettoïser.
Des revendications d'indépendance québécoise et les tensions qui en découlent avec le gouvernement fédéral du Canada n'arrangent pas les choses, les Amérindiens étant parfois instrumentalisés par ces deux camps.

L'écriture est agréable et l'histoire racontée avec beaucoup de finesse, du moins pendant les 180 premières pages. Les 30 dernières pages du roman sombrent dans des scènes d'action qui contrastent avec le texte qui précédait, sans marque d'originalité. C'est dommage mais n'efface pas l'intérêt que j'ai trouvé à cette lecture très instructive sur l'histoire du Québec.

Par ses thématiques, ce livre m'a fait penser à Sauvages de Nathalie Bernard, qui raconte les abus commis au Québec jusqu'au milieu des années 1990 avec la scolarisation forcée de jeunes Amérindiens - livre que j'avais aussi beaucoup apprécié.
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  et Canel

        ♥♥♥♥

Un poisson sur la couverture, je ne m'attarde pas. Refroidie par quelques épisodes de pêche à la mouche dans des Gallmeister ou autres nature writing.
Apik insiste pour que j'essaie : ça ressemble à 'Sauvages', de Nathalie Bernard. Non merci, toujours pas, trop d'action.
J'avance quand même un orteil frileux dans la rivière Restigouche, et je m'immerge rapidement dans l'histoire d'Océane, jeune mi'gmaq, du garde-forestier Yves Leclerc, de l'Indien William qui a quitté la réserve, et de quelques autres.

Nous sommes en 1981 (c'était hier), la Québecoise Céline Dion fait ses premières apparitions TV (avant retouches), les policiers débarquent en masse sur la réserve de Restigouche sous le prétexte fallacieux de contrôler la surpêche de saumon par les Mi'gmaq. Emeutes & répressions.

Cette lecture est d'autant plus agréable que l'auteur parsème son intrigue de rappels historiques (sur les Indiens et la colonisation) et biologiques (sur le saumon, sur l'homme).
On s'y (re)convainc de l'ineptie du droit du sol/du sang, de la prétendue supériorité de l'homme blanc et de tous les dégâts sur les populations autochtones.

Plus j'avance, plus je me dis que c'est un livre génial que je vais beaucoup prêter et offrir autour de moi.
Et puis arrive cette drôle de fin, en déphasage avec ce qui précède, on en rirait tellement c'est ridicule, non pas sur le fond mais sur la forme. On entend presque arriver Strasky et Hutch, gyrophare hurlant, roulant des mécaniques, jean moule-burn3s... Et là encore, on peut se demander si l'auteur ou l'éditeur espère une adaptation ciné ? Quel gâchis !

A lire malgré tout, pour réfléchir sur la colonisation, l'acculturation, les conquêtes meurtrières de territoires - c'est à dire l'histoire de l'humanité, au Canada et partout ailleurs, hier, aujourd'hui, demain.

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27 juillet