jour de courage

Flammarion, août 2019, 158 p.

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Nous sommes dans une banlieue lyonnaise de 'classe moyenne', en Terminale ES (Eco-Socio). L'année scolaire touche à sa fin. Ce vendredi matin, Livio a une heure pour présenter son exposé en cours d'Histoire. Il a choisi le thème de la censure nazie et des autodafés. A ce titre, il évoque l'oeuvre de Magnus Hirschfeld (médecin juif et homosexuel), et la destruction en 1933 de ses textes sur la sexualité - textes à 'l'esprit non allemand' (sic).

Jeune Livio, je salue ton travail de recherche, tes idées, et ton courage.
Le sujet que tu as choisi était casse-gueule, il t'impliquait, et comme tes camarades ne semblent pas très ouverts ni curieux pour des lycéens de filière littéraire, tu as pris des risques en te dévoilant ainsi.
magnTon exposé n'était pas toujours passionnant, tu as trop digressé, d'ailleurs la prof était aussi intéressée qu'inquiète ; certains élèves ont trouvé le temps long, perdu le fil par moments - moi aussi, parfois.
J'ai eu d'autant plus de mal à t'écouter que cette intervention publique ne te ressemble pas : « C'était étonnant de voir Livio dans ce rôle, lui qui était du genre silencieux. » Alors je n'y croyais pas vraiment.
Mais, jeune homme, tes questionnements et ta souffrance m'ont quand même émue, et j'ai mal compris que tes parents ne les aient pas perçus. Même si je sais que plus les difficultés sont proches, moins on est clairvoyant.

Lecture fastidieuse, voire ch!ante comme un exposé scolaire maladroit. Est-ce la force de ce texte, de nous rendre palpables le malaise de Livio, de Camille, de la prof, et l'ennui de certains élèves avachis ?
L'intention de l'auteur est louable, Br. Giraud soulève des questions importantes, surtout pour cet âge charnière - minorité indésirable à guérir/emprisonner/éliminer, homosexualité, liberté d'expression, intégration familiale & sociale, exil contraint : « Il se rendit compte en le disant que l'homosexualité était la seule minorité qui ne trouve pas forcément de réconfort auprès des siens. C'est la seule communauté qui se construit la plupart du temps hors de la famille. Et parfois contre. Tout le monde [dans la classe], ou presque, hochait la tête face à cette idée d'exil, tout le monde mesurait la violence d'être mis dehors, d'être chassé ou de devoir se chasser soi-même. »
Bref, le sujet est intéressant, rien à redire, mais le ton est pesant - volontairement ? comme la lourdeur qui précède un orage ?

De cette auteur, j'avais beaucoup aimé Marée noire, Nico, Une année étrangère, Un loup pour l'homme.

     PS : encore des coquilles chez cet éditeur ! Flammarion serait mauvais élève en syntaxe ?

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