pierre

Casterman, Ecritures, 6 mai 2017, 150 p.

♥♥♥

Pierre a une dizaine d'années.
Comme la plupart des petits garçons des 1970's, il lit Rahan, regarde Casimir et L'Age de cristal à la TV, porte sous-pulls en acrylique & débardeurs, et passe ses vacances chez ses grands-parents.
Enfant solitaire et rêveur, il aime prendre des photos, mais se prête aussi au jeu quand son grand frère lui propose de mimer les parents avec leurs Big Jim :
« Lui, il dit : 'Tu as passé une bonne journée' ? Et la maman répond : 'Ah non, atroce, je me suis ennuyée à mourir, il y a rien à faire dans ce bled pourri, pourquoi tu m'as emmenée vivre ici ?'
- AHAHAH !
- On continue ?
- Ouais.
- 'Alors qu'est-ce qu'on mange, ce soir ?' ... 'Si t'as faim, t'as qu'à te faire à bouffer, patate.' »
Ambiance ! 😢
Pierre en souffre, d'autant plus qu'il est particulièrement sensible et observateur. Il se pose plein de questions, certaines terre à terre : ses parents vont-ils divorcer ? D'autres plus existentielles sur la fuite du temps, l'irréversibilité des événements.

Comme il est touchant, cet enfant !
Grâce à la délicatesse du graphisme et à la subtilité du propos, on s'immerge rapidement dans cette histoire, a fortiori si on a connu 'ces années-là' et ressenti ce genre de malaise en passant des vacances forcées avec des 'vieux' un peu effrayants, loin des parents.
L'intrigue a un petit air de 'Le grand chemin' (film de JL Hubert, 1987), avec la découverte des cruautés de la campagne, et les reparties de l'intrépide petite cousine - reparties bienvenues pour alléger le propos.

Un bel album doux-amer qui exprime à merveille les angoisses enfantines. 

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