l'invention

Grasset & Fasquelle, 2013
ktLe Livre de Poche, 20 août 2014, 504 p.

♥♥♥♥

Si je dis 'La roue de la fortune' et des infortunes, et 'Tournez manège/ménage', je spoile.
Mais ce sont bien les deux sujets principaux de cette histoire dense : hauts et bas professionnels, financiers et amoureux de Samir, Samuel et Nina à l'approche de la quarantaine, soit vingt ans après la période où ils se fréquentaient, étudiants et amis. Tandis que le premier est devenu un brillant avocat new-yorkais, les deux autres tournent en rond ensemble en banlieue parisienne, dans un quotidien pas tout à fait à la mesure de leurs envies - Samuel se rêve écrivain, Nina veut des enfants.

Je me suis précipitée sur ce roman après avoir été séduite par les qualités de Les choses humaines (dernier titre de l'auteur). Mon seul regret est de ne pas avoir attendu davantage entre les deux lectures, car il y a beaucoup de points communs. Les personnages se ressemblent, et la plupart des thématiques sont les mêmes : ambition, réussite socio-économique à tout prix, imposture, mensonge, couple, famille... Mais, alors que le dernier roman de Karine Tuil interroge sur les relations hommes/femmes, celui-ci est davantage centré sur la question des origines religieuses et de leurs obstacles ou atouts pour trouver sa place - ségrégation, communautarisme…

Un livre brillant, que j'ai quand même trouvé un peu long par moments, peut-être à cause du déjà-vu, justement.
J'ai particulièrement apprécié le parallèle entre la création littéraire et l'ascension sociale reposant sur des petits arrangements : « Il s'était composé un personnage comme un auteur crée son double narratif. »
J'ai aimé également le tournant dans la vie d'un membre du 'trio', à la fin.

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agenda22  >  6 sept.