la terre des morts

Albin Michel, 2018
jcgLe Livre de Poche, 29 mai 2019, 670 p.

♥♥♥♥

Une strip-teaseuse assassinée, salement mutilée, et saucissonnée selon les règles du shibari - art japonais du bondage. Ses collègues du Squonk sont unanimes : cette Nina était une chic fille, sympa, sans histoires. Ni une ni deux, voilà Corso, notre flic un brin facho-macho qui enquête tous azimuts dans le milieu du sexe tarifé et/ou extrême (BDSM).

On est chez Grangé, on ne peut s'attendre à de la douceur et du politiquement correct. Mais il faudrait être de mauvaise foi pour prétendre avoir été trompé par la marchandise : la 1e et la 4e de couv' annoncent la couleur - crue : « plongée dans les méandres du porno, du bondage et de la perversité sous toutes ses formes ».

J'ai connu cet auteur beaucoup plus violent, dans ses premiers romans. Et côté pratiques sexuelles 'inhabituelles', je me souviens avoir été plus déroutée et dégoûtée par celles évoquées dans L'Anneau de Moebius (F. Thilliez). Ou alors je me suis sentie tellement loin de tout ça, ici, que je ne me suis pas du tout identifiée aux performances physiques proposées. Par exemple, je n'aurais jamais eu l'idée d'accueillir la poignée de main conviviale de deux personnes au creux de ma petite intimité (ou alors, éventuellement, grand maximum, format Playmob!l)...

L'histoire traîne un peu en longueur, avec pléthore de rebondissements dans les 200 dernières pages. Et certes, l'intrigue est tirée par les strings. Mais le plaisir de lecture est bien là : interrogatoires variés et punchy, humour grinçant, sens de la formule, suspense, enquêteurs aussi bourrins qu'attachants.

Le clin d'oeil final à... 'Dix petits nègres' m'a bien plu.

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agenda27 > 13 sept.