terrible vertu

Terrible Virtue, 2016
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec
Cherche Midi, 3 octobre 2019, 300 p.

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« Nous étions au XXe siècle. Si des trains pouvaient courir sous la ville en dévorant le temps sur leur passage, si l'homme pouvait s'élever comme un oiseau dans des machines plus lourdes que l'air, si les savants pouvaient dompter l'électricité pour faire fonctionner des fers à repasser, des gramophones et des balais mécaniques, alors sûrement les hommes, ou les femmes, pouvaient trouver un moyen de prévenir les grossesses et rendre l'avortement obsolète. »

marsanIssue d'une famille pauvre, ayant vu sa mère trimer et s'affaiblir au fil d'une quinzaine de grossesses, Margaret Sanger (1879-1966) - alias Peg ou Peggy - a lutté toute sa vie pour le contrôle des naissances aux Etats-Unis et en Angleterre.

Je me suis sentie « terriblement vertueuse » en lisant cette biographie, et je n'ai pas aimé ça.
Mais la dame a de quoi agacer, qui délaisse sans vergogne ses trois enfants pour mener son combat et vivre sa vie de femme libre - s'en repent parfois, mais se console artificiellement, aussi (cf. le spiritisme).

J'ignore si l'auteur a pris le parti de nous rendre Margaret Sanger aussi antipathique, étayant cette image de quelques voix 'off' qui ne dédouanent pas la militante, au contraire.
Quoi qu'il en soit, c'est bien l'auteur qui s'étend sur les conquêtes et prouesses sexuelles de cette Peg qui affole les hommes. Et ces longueurs rendent le récit encore plus ennuyeux et agaçant, nous éloignant du sujet central : la légalisation et la démocratisation de la contraception.

Je m'attendais à plus de socio-politique et moins d'intime narcissique. 

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