la fille qui

Editions du Rouergue, DoAdo, 14 février 2018, 140 p.

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S'il pleut à la Saint Denis,
Sors tes dictons moisis.

1/ Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.
Vrai, ici : l'absence du père se fait cruellement sentir.
Esajas, chauffeur de poids lourds, n'est pas revenu de sa dernière mission dans le nord de l'Europe.
Kim, sa fille de quinze ans, va mal, ment à gogo et s'accroche violemment avec sa mère pour des broutilles. Celle-ci a beau être présente, elle semble inaccessible - perdue dans son chagrin, elle aussi. Le petit frère de cinq ans souffre également, à sa manière.

2/ La parole est d'argent, le silence est d'or.
Faux : chez Kim, la parole est (souvent) en toc, et le silence entre elle et sa mère est plombé/plombant, toxique, mortifère.
…….

Histoire poignante d'un mal-être adolescent ancré sur le manque du père, avec en prime-malus une quête d'identité sexuelle.

J'ai dévoré ce roman poignant, mais la fin m'a déçue.
J'avais imaginé... la fuite, la trahison, la prison, la mort... mais pas ce happy-end artificiel - s'agit-il de ménager les jeunes lecteurs ?

Si Kim, l'ado au cœur de l'histoire, m'a émue, c'est de nouveau un 'second rôle' qui m'a le plus touchée : le petit frère de cinq ans qui collectionne les magazines de déco-maison.
« Je lui ai redemandé pour la millième fois ce qui lui plaisait en faisant ça, et à ma grande surprise, il a répondu.
- C'est bien rangé.
- C'est tout ?
- Non.
- Il y a quoi d'autre ?
- Il y a un papa qui va rentrer à la maison. »

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